Résumé du débat pendant la séance du 15 mai 2007

L’engagement de l’anthropologue - usages de l’anthropologie par Birgit Muller

Points de débat :

Le débat qui a suivi les cinq interventions s’est orienté vers l’actualité politique en France au lendemain des élections présidentielles.

La création d’un ministère de l’Immigration et de l’identité nationale a pris beaucoup de place dans la discussion d’où en est finalement issu le communiqué de l’AFA soutenu par l’APRAS et l’initiative de Laurent Bazin (président de l’AFA) d’organiser une journée de débats sur ce ministère le 27 juin.

Les questions qui faisaient débat étaient : faut-il des prises de position des anthropologues en tant que corps professionnel par rapport à certaines décisions politiques ? Débat sur la diversité des engagements, des opinions et des limites éthiques. Évocation du rôle joué par les anthropologues/ethnologues sous le nazisme, problème du silence.

La discussion a abordé la question de l’indépendance/dépendance de l’anthropologue par rapport à l’état ou au secteur privé qui financent ses recherches. Des inquiétudes ont été exprimées par rapport à la restructuration de la recherche voulue par Sarkozy. Des rumeurs courent que la recherche doit être fondue dans l’enseignement et le CNRS transformé en agence de moyens. On se posait la question qu’est ce que « l’autonomie des universités » veut dire.

Il a été évoqué que les chercheurs du CNRS auraient une obligation de ’réserve’ par rapport à l’État qui serait inscrite dans les statuts du CNRS. La question est posée : qu’est–ce que cette obligation de réserve veut dire concrètement et est-ce qu’elle pourrait devenir un moyen pour museler les chercheurs ?

Enfin, l’assemblée était d’accord sur le fait que les anthropologues français ne pouvaient pas éviter l’épineux débat sur la nécessité d’un code éthique pour la profession, un point qui sera à débattre lors des Assises.

Posté le 5 juillet 2007 par Birgit Müller

5 commentaire(s)

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Bravo à Alexandre pour son courage, et merci - 16 juillet 2007 15:56, par Eliane Daphy

Bonjour Alexandre

Merci pour vos courageuses excuses ; je pense que Birgit les acceptera volontiers.

Vous êtes tout pardonné, et nous sommes sur ce site parfaitement capables de comprendre combien la précarité est usante et pertubante, soit pour directement la vivre ou l’avoir vécue parfois pendant de longues années (comme c’est mon cas, plus de 20 ans…), soit pour être en bons ethnologues statutaires capables de comprendre le point de vue et les réactions de gens qui vivent dans des conditions matérielles différentes des nôtres.

Par contre, il me semble inutile de supprimer votre message (en réalité, les trois, les deux vôtres, et le mien) : nous avons choisi sur ce site une politique de libre expression dans les forums, et cet échange peut servir d’exemple pour montrer que nous sommes, nous autres ethnologues, des humains capables d’erreurs, et aussi capables de les reconnaitre. Et que la régulation et la modération dans les échanges peuvent être prises en charge collectivement.

Pour ce qui est de votre question sur « l’expression des représentants officiels » (je préfèrerai le terme de statutaires à celui d’officiel que vous employez), je ne pense pas qu’il s’agit pour les collègues de « pouvoir s’exprimer », mais de choisir ou non de le faire sur ce qu’ils considèrent comme des questions « politiques ». Certains ethnologues ont choisi de s’exprimer (je pense par exemple à Emmanuel Terray), d’autres de ne pas le faire. Cette question de l’engagement de l’ethnologue n’est pas nouvelle, d’une part, et elle dépasse largement notre petite discipline, d’autre part.

Les rapports entre science et politique sont inscrits dans le mode de production même de la science, et continueront à se poser. C’est certes trivial d’écrire cela, mais cela fait partie de notre condition de scientifique.

A bientôt le plaisir de lire de nouveaux textes de vous

Eliane Daphy

Résumé du débat pendant la séance du 15 mai 2007 - 16 juillet 2007 15:18, par Alexandre Bonche

Bonjour Eliane, Et merci de votre clémence. Mon message précédent, est je le reconnaît, bien trop agressif pour faire avancer le débat, et ce serait une bonne chose que de le retirer. Je m’excuse bien volontiers auprès de ceux que j’ai pu blesser (personne ne mérite de supporter un tel excès de rage) . A ma décharge, la précarité, ça use, et la situation est vraiment rageante.

A quoi sert l’ethnologie (telle était ma réflexion naïve et à chaud), si ses représentants officiels ne peuvent s’exprimer ?

Mais surtout, et pour rejoindre mon premier « coup de gueule », a quoi bon continuer à former des jeunes dans ces conditions.

Si un débat éthique doit avoir lieu, il doit aussi s’interroger sur la pratique de l’enseignement, mais apparemment, mon point de vue avait déjà été entendu.

réponse à Alexandre : appel à la modération - 16 juillet 2007 12:42, par Eliane Daphy

Cher Alexandre Bonche

Eh ben dis-donc ! Quelle belle crise de colère ! Après avoir contribué avec efficacité à ouvrir de nouvelles pistes avec votre article « propositions pour améliorer la situation des docteurs en anthropologie » http://assisesethno.org/spip.php?ar... voilà-t-y pas que vous nous postez un message rageur, dénigrant les questionnements des collègues, et jetant le bébé avec l’eau du bain.

Je comprends votre grogne, les questionnements en question vous paraissant sans doute en complet décalage avec la situation dramatique de la majorité des jeunes ethnologues (et des moins jeunes) sur laquelle vous avez légitimement attiré l’attention, mais avec ce genre de post, vous participez à « pourrir l’ambiance des forums », et de façon objective quoique non volontaire, à la mise en péril de la tentative de débats ouverts que propose les Assises. Ce mode d’échange ne rencontre pas —et c’est un euphémisme- l’adhésion de tous les collègues, on peut en prendre pour preuve la réaction récente de Daniel Fabre qui a tiré sa révérence, ou celle, plus ancienne, de Charles Macdonald répondant par l’ironie et l’insulte à ceux qui réclamaient (sur tous les tons, dont certains un peu « vifs », il faut le reconnaître… ) que le Rapport de la 38 fournisse les références biblios manquantes (que d’ailleurs, nous attendons toujours… patience, patience ?), et qui depuis s’est abstenu de participer aux forums. Nous devons absolument essayer de maintenir collectivement une tonalité cordiale dans nos débats (ce qui n’empêche pas la critique…) pour éviter que l’agressivité et l’insulte ne servent ensuite d’arguments aux opposants pour fermer les forums libres…

Sans même évoquer l’auto-décribilisation de vos précédentes interventions, puisque vous n’avez même pas utilisé de pseudo pour balancer votre rage !

Je vous suggère de faire un petit effort, et pour corriger la maladresse de votre intervention (aucun de nous n’est à l’abri d’un éventuel dérapage…), de poster un nouveau message, essayant d’expliquer avec des arguments pourquoi et en quoi la teneur de l’article qui suscita votre rage vous semble critiquable.

Bien amicalement, et avec tous nos remerciements pour votre participation aux Assises de l’ethnologie

Eliane Daphy

Résumé du débat pendant la séance du 15 mai 2007 - 14 juillet 2007 23:28, par Alexandre Bonche

Chers Collègues... (...)

[ Edit 16 juillet 2007 - 19:00 - webmestre :

Commentaire exceptionnellement effacé à la demande par e-mail de son auteur (Alexandre Bonche) le 16 juillet 2007]

CNRS transformé en Agence de moyens : une proposition du candidat Sarkozy - 10 juillet 2007 09:08, par Eliane Daphy

Informations complémentaires

La transformation du CNRS en agence de moyens n’est pas une « rumeur », mais une inquiétude fondée sur une proposition du candidat Sarkozy, dans l’exposé de son programme pour la recherche, texte envoyé aux syndicats SNCS-FSU (Syndicat national des chercheurs scientifiques) et SNESUP-FSU (Syndicat des enseignants du supérieur).

Ce texte programme a été publié dans la revue du SNCS et du SNESUP, VRS - La vie de la recherche scientifique, numéro 368 (mars 2007), page 21 ; la revue est librement téléchargeable en ligne http://www.sncs.fr/IMG/pdf/VRS368-2.pdf

Page 21, candidat Sarkozy déclare : « La France a également besoin d’un système de recherche plus efficace et capable de dégager des priorités d’avenir (sciences du vivant, Internet, développement durable, nanotechnologies). Le financement de structures rigides ne le permet pas aujourd’hui. C’est pourquoi je transformerai nos grands organismes en agences de moyens, pour qu’ils financent la recherche française selon une logique de projets. Nos universités deviendront les principaux opérateurs de la recherche, comme cela est le cas dans tous les pays à la pointe de l’innovation. » (souligné par moi)

Cette proposition a été répétée à de nombreuses reprises pendant la campagne électorale (par le candidat, par ses lieutenants…), dans des entretiens, des discours…

Eliane Daphy

Lien hypertexte: Lire le numéro de VRS

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