Ethnographions l’ethnologie en France !
Peut-être serait-il temps de « s’ethnographier » nous-mêmes ?
Chercheurs statutaires ou hors-statut et étudiants, nous formons un milieu, avec notre micro-culture, nos rapports de pouvoirs, économiques, symboliques, de parenté, des situations propres d’interactions… Pour aller au-delà d’une simple réflexivité sur sa démarche scientifique personnelle, réfléchissons en terme de groupe social.
- Un commentaire de « chercheur » à l’article « L’art du hors-piste » proposait d’étudier les manifestations scientifiques vernaculaires (dans le milieu de l’ethnologie).
- Des commentaires, nombreux, à l’article « Rapport de conjoncture de la section 38 » : l’un ironise — « l’ethnologie/anthropologie est une petite entreprise familiale qui marche très bien » —, d’autres appellent à « une réelle refondation de nos disciplines » ou le commentaire de « ethnographions l’ethnologie » milite, avec beaucoup d’autres, pour plus de transparence (sa critique vise le CNRS).
- Ou encore le commentaire d’É. Daphy à l’article « Lire le projet de loi sur les universités --- réagir » qui considère qu’en « connaissant mieux les règles de fonctionnement, en les objectivisant, en les faisant sortir de l’opacité et du »secret« , nous pourrions nous donner les outils pour améliorer le fonctionnement ! »
(....)
Toutes ces interventions tendent vers cela : une exigence, une urgence à réfléchir à notre discipline, à tourner notre regard réflexif sur nos propres démarches, notre profession et discipline. Je trouve qu’il serait dommage et dommageable de laisser filer cette opportunité de réflexion : les Assises de l’ethno sont le cadre idéal, et ce « hors-piste » son cadre probablement adéquat. Ceci est plus qu’un appel à proposition : c’est un appel à écriture immédiat !
Post-scriptum
5 commentaire(s)
- commençant par les plus récentsBonjour,
Je me rends compte que je n’ai pas réagi au message de M. Régis Meyran. Oui, comme le dit Éliane Daphy, j’avais aussi remarqué votre texte. Cette approche fort érudite d’un programme de travail sur l’histoire de l’anthropologie est probablement bienvenue en effet.
Par « Ethnographions l’ethnologie en France ! », cependant, je visais moins l’histoire de la discipline qu’une réelle ethnographie du milieu de l’ethnologie contemporaine en France. Utiliser nos outils d’anthropologue, notre savoir-faire dans l’analyse des pratiques pour les retourner sur nous-mêmes. Cela paraissait d’autant plus urgent que des critiques vives étaient formulées sur ce forum quant au fonctionnement de cette communauté de chercheurs et quant aux pratiques en particulier de « production/reproduction » de ses membres (des mot-clefs pourraient être : pouvoir, autorité, recrutement, cooptation, rétribution symbolique, domination symbolique, don et contre don, réseau, etc.).
Après, comme le rappelle un message, on peut sans doute longtemps « s’auto-analyser », mais peut-être faut-il aussi promptement proposer des changements concrets à engager (d’où l’ouverture des Doléances dans ce Hors-piste).
Bien cordialement,
Bonjour Régis Meyran
Bien sûr que nous avons remarqué votre texte à ce sujet, un des premiers articles « inédits » à avoir été déposé sur ce site (les autres étant souvent de simples diffusions d’articles déjà publiés, ou à paraître ailleurs).
J’ai le plaisir de vous informer que votre page est même la plus consultée en nombre de visites sur ce site, plus de 900 consultations à ce jour.
Cet article était un texte programmatique, peut-être pourriez-vous en écrire un nouveau, avec quelques réponses aux questions que vous posiez ?
Bonjour,
Avez-vous remarqué que j’ai déposé sur le site des Assises un article qui va dans votre sens ? J’y propose en effet une anthropologie historique de l’anthropologie.... Voyez vous-même, en cliquant sur le lien ci-dessous.
Bien cordialement
Régis Meyran
En effet, merci : vous proposez une « anthropologie de l’anthropologie » qui recoupe ce projet-ci. Peut-être pourriez-vous en proposer un résumé ici pour alimenter le débat ?
Cordialement,
Vincent B.
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