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Au sujet de la section 38 du CNRS…
La section 38 n’a pas publié ses critères, mais toutes les autres sections du comité national, y compris les « commissions interdisciplinaires » l’ont fait, y compris pour le mandat 2000-2004.
Cette absence de critères a provoqué beaucoup de réactions dans les forums, certaines très agressives (ce qui se comprend, puisque les messages n’obtiennent aucune réponse).
Je propose un petit exercice collectif de comparaisons des critères proposés par les autres sections, afin de rédiger un texte collectif exposant les « critères d’évaluation » qui nous sembleraient pouvoir améliorer le fonctionnement de notre discipline. Il ne s’agit pas d’être naïf sur les conséquences de ce travail collectif, qui n’aura sans doute pas plus d’efficacité que l’important travail réalisé dans le cadre des Etats-Généraux de la recherche (nous y avons gagné une loi rétrograde, l’ANR, et l’AERES…), mais au moins, plutôt que d’exprimer chacun dans notre petit coin notre colère et notre désespoir, nous ferions la preuve collective que nous sommes capables de faire autre chose que de nous lamenter ou de gueuler. Nous pourrions d’ailleurs reprendre en partie les propositions faites par les Etats-Généraux de la recherche, où ces questions d’évaluation et de critères avaient été beaucoup travaillées.
Merci à ceux que la proposition intéresse de se faire connaitre (le pseudo est bien sûr possible, à condition qu’il s’accompagne d’une adresse mail valide où les volontaires pourront être contactés).
Afin de pouvoir travailler collectivement de façon confortable, nous pourrions envisager de travailler avec un système wikki (je sais ouvrir un wikki dans un serveur dédié, mais je ne sais s’il est possible de le faire directement sur le site des Assises). Merci à Vincent de répondre à ce point technique.
Dernier point : travailler directement sur écran à partir des pdf n’est pas la meilleure solution. Il faudrait donc que ceux qui ont la possibilité d’imprimer les documents (et de les envoyer) par leurs laboratoires prennent en charge la circulation des documents/
Chiche ?
Rapport de prospective de la section 38
Vincent, Comme tu essaies de m’amener vers ton fil ouvert, je me lance.
A mon avis ta question n’est pas posée tout à fait correctement. « Ethnographions l’ethnologie ». Je ne crois pas qu’on prenne le problème par le bon bout. D’abord, et c’est d’ailleurs un rappel qui pourrait, après discussion et débats, servir d’inaugural, c’est la perspective qui créée l’objet et non pas l’inverse. Ce que je veux dire par-là et qu’il faudrait peut-être anthropologiser nos vues, et nos réflexions. Après tout, est-ce qu’on ethnographie vraiment quelque chose, ou l’ethnographie est-elle plutôt une méthode d’exposé ? Cependant, à la différence de tout un ensemble de sociologues qui tendent parfois vers un hypothético-déductivisme traditionnel, nous construisons, (re)modelons ou précisons nos hypothèses initiales de manière inductive. Partant de ce constat, qui vaudrait surement mieux que ces trois petits mots, on peut commencer à avancer. D’abord je changerai la question par rapport aux termes que je viens d’exposer. Ensuite, sur quoi voudrais-tu travailler ? Sur le champ social des ethnologues ? Leurs rapports avec les institutions ? Avec les médias ? Le corps des résultats de recherches ?
Ici, peut-être que tu ne l’as pas perçu, on a déjà des éléments, des pistes ouvertes. En effet, on trouve des lignes claires de conflits entre les dominants et les dominés, il y des tentatives de modifications hiérarchiques et elles sont avortées. Seul le deuxième terme est encore trop flou (les dominés sont difficiles à identifier, mais on pourrait mettre des catégories derrière ce terme). Je t’expose en vrac ces axes qui me semblent pouvoir être identifiés comme pistes de recherche.
1 – On voit que le pouvoir a pour instrument l’opacité. Il existe beaucoup de messages qui mettent l’accent sur l’absence de clarté dans les procédures de recrutement. Et on a bien vu, que les responsables tentent d’éviter la question. Là quelqu’un devrait reprendre tous les exemples qu’il connaît pour étayer cette question. L’objet de contestation devient objet d’étude (c’est ton souhait me semble-t-il). Ceci étant dit, on ne doit pas réduire notre propos à la section 38, bien que la position de cette institution soit assez particulière, il faudrait mettre à jour tous les réseaux sous-jacents entre les revues, les comités de lecture, les bailleurs de fonds, etc. On peut élargir cela à toutes les procédures de recrutements. On pourrait même faire des recherches à partir des rapports de soutenance de thèse. Seulement là, on ne va pas se faire que des amis. Mais après tout c’est peut-être ce qu’attend le gouvernement ? Un groupe de jeunes chercheurs frustrés qui puissent servir de file conducteur à une remise en cause de la liberté du champ de la recherche. L’usage de cette liberté est, bien évidement, une autre question ? Il faudrait aussi se poser la question du rapport entre directeur de labo, de thèse, du professeur, et leurs subalternes. Moi, je peux te donner l’exemple du prof qui fait traduire ces textes par ses étudiants, et qui pose son nom sur le livre de manière exclusive. Une question plus difficile serait celle du terrain, certaines vedettes de l’anthropologie n’ont pas fait leur terrain, mais payé des gens pour le faire à leur place. C’est un cas plus rare, du moins je l’espère franchement, mais n’est-il pas révélateur de quelque chose de plus large ?
2 - Le rapport entre le politique et le scientifique peut aussi être abordée à travers le prisme des hiérarchies entre institutions et à l’intérieur de chacune d’entre-elles. Personnellement, j’ai voulu mettre l’accent sur le fait que le texte mis en ligne occulte volontairement tout un ensemble de recherches. Ce n’est pas du tout une spécificité de ce rapport, qui est un reflet, rappelons-le, des orientations du recrutement. Dans tous les milieux intellectuels ont trouve cette technique de discrédit : ignorer les travaux des autres. C’est donc une technique de pouvoir et de gouvernance. J’ai des exemples dans plusieurs pays d’ailleurs. Il en va de même pour pas mal de livres. Certains disent qu’il n’y a jamais eu de recherche sur tel sujet, ce qui est absolument faux, et revendique ainsi le monopole légitime de la domination sur un thème de recherche. Dans le cas des recrutements (voir 1), ceci entre dans une logique de reproduction social. Autrement dit, si seuls mes recherches et celles de mes collègues existent, alors les personnes recrutées ne peuvent être que dans nos axes de recherche, eux seuls relevant de l’ethnologie. On créé ainsi une complicité et une forme de dépendance, dans le même mouvement on produit un groupe de dépendants qui pourront bénéficier en échange de certains services. Cette dépendance continue par la suite et permet de mettre à mal les groupes concurrents, avec les dérogations, les missions… C’est ce que j’appelle la régulation politique du champ scientifique. Une comparaison avec le mode de fonctionnement des relations de parentés serait peut-être propice, tout au moins nous permettrait-elle de clarifier certains aspects plus particuliers de notre champ social dont l’enjeu est bien le monopole partagé en petit groupe de la vérité scientifique, vérité fictive.
On perçoit le lien entre l’opacité du fonctionnement des promotions, des recrutements, et la reproduction de la structuration hiérarchisée du champ de la recherche ethnologique.
3 - Piste suivante : la revendication d’un filiation anthropologique comme mode de légitimation d’appartenance au groupe et de la position occupée dans celui-ci. J’ai plus le temps.
PS : la virulence ? Celle de Fabre est bien plus grande dans le fond et révélatrice. Mais quelle absurdité dans sa réponse, il s’en va pour la démocratie. Merci, amen. Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi tu réponds à sa place. Ceci étant dit, je ne vais faire fuire personne. Les (2) seuls qui auraient pu se tailler l’ont déjà fait, les autres savent de quoi je parle, il ne semble pas y avoir beaucoup de désaccords entre ceux qui participent aux forums sur ce thème.
Jeunes chercheurs en colère
Ce n’est pas seulement le petit nombre de postes de chercheurs ouverts au concours du CNRS qui désespère les jeunes docteurs en anthropologie et met sérieusement en question l’avenir de ces disciplines en France. Les conditions dans lesquelles ces postes sont attribués depuis quelques années sont aussi largement en cause.
Indubitablement, il n’est pas sain que des pratiques qui seraient, dans d’autres milieux professionnels, unanimement condamnées, deviennent la règle en matière de recrutement dans nos disciplines : que quelques labos parisiens, auxquels appartiennent ou sont liés DSA et membres de commission, soient ouvertement favorisés, au détriment des candidats et des labos de province en particulier ; qu’un DSA puisse flécher une allocation de post-doctorat de manière si précise que seule une de ses doctorantes peut y prétendre, sans que cette pratique, bien connue, ne soit remise en question ; que chaque année la règle du mérite scientifique paraisse contournée, lorsque chacun ne peut que peut constater les liens entre tel candidat(e) et tel membre de commission, que tel candidat n’a encore rien publié ou n’a pas réalisé ce qu’on devrait attendre pour un concours CR1, etc… Le discrédit affecte tous les recrutés, tous les membres de jury et finalement l’institution.
Il est certain que nous n’avons rien à y gagner. C’est pourquoi nous demandons au moins, dans un premier temps, que des exigences élémentaires soient respectées, pour garantir plus de transparence et d’équité :
En outre, des critères d’évaluation pourraient être publiés sur la page Internet de la commission 38, où ils sont jusqu’à aujourd’hui « non disponibles ».
Les évaluations des candidatures devraient pouvoir être communiquées aux candidats qui en font la demande.
Enfin, il semble aller de soi que des membres de commission ayant des liens de parenté, appartenant au même labo ou ayant dirigé la thèse d’un(e) candidat s’abstiennent de participer aux rapports et aux discussions les concernant. Cette pratique, courante en France, est proscrite dans le milieu universitaire d’autres pays.
Nous espérons que les Assises de l’ethnologie et de l’anthropologie en France seront le lieu d’un débat franc, sans interdit, pour une réelle refondation de nos disciplines. Un proverbe dit que le poisson pourrit par la tête, il est temps de réagir.
Jeunes chercheurs en colère
C’est possible…
Bonsoir,
Si c’est possible.
Sans doute même souhaitable !
D’ailleurs, votre avant-dernier commentaire (ci-dessous) rejoint parfaitement le mien posté au même moment. Alors, allons-y !
Je crée donc cette rubrique “Doléances" (les actions concrètes) dans le “Hors-piste”. C’est peut-être aussi hors des sentiers battus que l’on avancera ! ;-)
De l’observation à l’action !
Pour poursuivre avec mon dernier post, ne serait-il pas possible d’avoir une rubrique « Doléances » sur le site et d’y recenser toutes les actions concrètes qui pourraient servir l’ethnologie.
Cela pourrait concerner :
1) des suggestions ouvertes pour que les processus de recrutement soient plus clairs, plus objectifs, etc. avec pourquoi pas des exemples empruntés à ce qui se passe hors de chez nous (à l’étranger, dans d’autres disciplines)
2) des suggestions pour publiciser le role et la place de l’anthropologie en France que ce soit auprès du grand public, des écoles, des entreprises ou des autres disciplines qui ne savent pas toujours à quoi l’on sert sinon faire joli sur un colloque.
Ethnographions nous...
Ne serait-il pas temps de dépasser les phases « constat » et « analyse ethnographique » ? Ne conviendrait-il pas plutôt de proposer des actions concrètes pour sauver l’ethnologie et les chercheurs qui s’y rattachent ? Pour leur redonner légitimité et visibilité ?Réponses
Bonsoir,
Au M. socio-économiste de l’édition scientifique, je dis :
Allez, en tant que webmestre, je prends sur moi de vous dire : chiche ! ce site est (aussi) le vôtre, publiez donc ici « une étude comparée du fonctionnement des revues dans la discipline (nationales et internationales) et dans les disciplines voisines » (ou son ébauche, nous ne sommes pas une revue). Pourquoi attendre cela des « responsables des Assises » ?
À M. Fabre, je dis :
Ah non, ce n’est pas du jeu de s’en retirer si vite ! Même si je signe mes messages et si je suis plutôt favorable aux visages découverts, je comprends très bien (surtout comme hors statut ou candidat malheureux au CNRS) qu’on ne se sente pas assez à l’aise pour se démasquer. Ne soyez pas naïf, personne bien sûr ne craint des représailles qui se commettraient une nuit noire sur le pavé luisant dans le quartier des Halles quand la maréchaussée s’en serait allée, mais on sait bien que dans nos métiers (sans viser personne), les ego des uns et des autres sont hypertrophiés et cette hypertrophie donne matière à la mémoire et, ma foi, comme toute carrière est une histoire de cooptation… Alors à mon sens, l’argument que l’ « argument des représailles est absurde et insultant » n’autorise pas la dérobade ! Il risque d’enfler au contraire la grogne. (…et vous verrez que je ne subirai pas de représailles pour ce que je viens d’écrire !)
À M. LLeonard pelltttier, je dis :
Ouh ! quelle virulence ! vous allez faire peur à tout le monde. Le tableau est sombre, mais — par des volontaires encore à trouver — il faudrait faire plus qu’un réquisitoire : une argumentation ! Autrement dit, une ethnographie de l’ethnologie en France que j’ai ici proposée. Peut-être faudrait-il même lancer un appel d’offre pour qu’une équipe étrangère s’en charge…
À Mme Marie-Marcelline Strauss-Durkkheim, je dis :
En effet : Ah ah —Yé yé yé yé — Wo wo wo oh et Pom pom pom pom.
Précisions.
Bonsoir,
J’ai assisté à ce séminaire (annoncé sur ce site à cette page de l’agenda). Chouette expérience !
Ce séminaire eut lieu toute l’après-midi du 22 juin 2007, au Muséum national d’Histoire naturelle, zone Poliveau, salle Chevalier du labo « Écoanthropologie et Ethnobiologie », le 22 juin 2007. (Il s’agit de l’équipe de recherche à laquelle je suis associé.)
En tant que webmestre de ce site, j’ai pris l’initiative d’ajouter quelques photographies à ce compte-rendu (je suis l’auteur des photos, pas du compte-rendu écrit). Je viens d’ajouter à votre demande le nom des personnes sur les photos (ne connaissant pas le nom de toutes, je m’en étais abstenu).
Pour répondre au commentaire précédent :
« Un vrai simulacre de transparence et de consultation »,
je dirais (naïf laïus ?, mais c’est mon point de vue) :
« Peut-être (même surement)… qu’il y a des effort à faire du côté des “publiants”. Mais avez-vous vous-même publié quelque chose ici ? Allez-y ! ce site est le vôtre, emparez-vous en ! Créez vos propres séminaires/réunions/rencontres/articles, mettez-les en ligne ici, il n’y a aucun problème. Mon avis : les “organisateurs” ou “membres du groupe de préparation” ne sont là que pour administrer, c’est-à-dire inciter au débat, pas forcément pour tout écrire eux-mêmes ou débattre entre eux… ! La balle est dans le camp de… chacun. Chiche ? »


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