Rapport de conjoncture de la section 38

La section 38 « Sociétés et Cultures : approche comparative » représente une configuration singulière. L’ancrage anthropologique bien connu et précieux de cette commission, et son attachement au « terrain » ethnographique, vont de pair avec le souci de faire vivre un lieu de confrontation entre l’anthropologie générale et diverses spécialités (ethnolinguistique, ethnomusicologie, ethnoarchéologie), mais aussi entre l’anthropologie sociale et l’anthropologie culturelle, l’anthropologie historique et l’anthropologie contemporaine. De plus l’ensemble des sciences sociales des religions est partie intégrante de la section.

Rapport rédigé en 2007 par la section 38 du CNRS.
Mis en ligne par Charles Macdonald.

Cette commission a largement pris part aux discussions qui, de décembre 2005 à mars 2006, ont animé la communauté scientifique qui se reconnaît dans l’intitulé général « anthropologie ». Ces débats, dépassant l’occasion de leur émergence, ont suscité un véritable examen de conscience de la discipline dont il a semblé opportun de tirer profit. En conséquence ce rapport de conjoncture échappe aux habitudes du genre. Nous ne nous sommes pas limités au bilan thématique et bibliographique, fatalement partiel et partial. Même si les références ou les allusions aux travaux récents ne manquent pas, nous avons choisi de situer au premier plan les questions et les perspectives qui ont été récemment esquissés pour l’anthropologie, au CNRS et au-delà. Pour ce faire, une vision plus large – y compris chronologiquement –, une certaine liberté d’appréciation et de ton sont nécessaires, à notre avis elle ne contrarie pas l’effort d’objectivation d’une conjoncture scientifique – nationale et internationale – qui reste le but de cet exercice. Notre propos adoptera donc successivement trois points de vue en tentant de répondre à trois demandes : 1° Que place-t-on aujourd’hui, ici et là, sous l’expression « crise de l’anthropologie » ? 2° Quels sont les domaines qui ont connus, ces toutes dernières années, une émergence ou un renouvellement prometteurs ? 3° Quelles projections peut-on faire, aujourd’hui, quant aux développements de la discipline, en tenant compte de sa situation institutionnelle et démographique ainsi que de ses rapports et échanges avec les disciplines voisines.

I. Une crise de l’anthropologie ?

Ce que nos prédécesseurs (voir les deux Rapports de conjoncture précédents) avaient identifié comme une « crise de l’anthropologie », faisait référence à une sorte de « tournant textuel », fondé sur une relativisation radicale de la connaissance ethnographique et de son compte-rendu écrit. L’allusion était claire : le débat qui faisait rage depuis le début des années 1980 aux USA à propos d’une redéfinition postmoderne de la connaissance de l’homme et des sociétés constituait la toile de fond des bilans français. On s’accordait cependant sur le fait que les échos de cette mise en question radicale (qui touchait simultanément, bien que de façon plus nuancée, la discipline historique) étaient atténués, sans doute par l’ancienneté et la richesse de la tradition intellectuelle française. De fait, la notion de « crise » accompagne depuis un bon siècle tous les efforts de définition du projet anthropologique, au point que, sous un regard rétrospectif, ce terme en vient à caractériser les périodes de renouvellement de ce champ disciplinaire. Lévi-Strauss intitule, en 1961, un de ses articles de politique scientifique « La crise de l’anthropologie moderne », Boas, Malinowski et d’autres avaient posé des diagnostics proches pour les générations précédentes. Sans céder à l’alarme devant un mot qui signifie simplement que « les choses bougent », il convient cependant d’identifier les enjeux du moment et, de ce point de vue, le Comité National du CNRS s’avère un excellent poste d’observation dans la mesure où il nourrit une connaissance de l’anthropologie telle qu’elle se pratique, en particulier dans les laboratoires et chez la jeune génération de chercheurs. Bien évidemment le CNRS n’est pas le tout de l’anthropologie (nous y reviendrons plus loin) et l’espace intellectuel où elle évolue est devenu pleinement international avec, il faut le souligner, une domination écrasante de la référence anglo-saxonne qui cumule aujourd’hui les avantages de la prééminence linguistique et de l’hégémonie communicationnelle.

Nous nous en tiendrons, dans ce rapport, aux grandes lignes d’une conjoncture, « critique » puisqu’elle contraint à des choix. Nous n’insisterons pas, même si cela n’est pas sans incidence, sur les effets qu’ont eu, ces quinze dernières années, la disparition et le retrait professionnel de plusieurs collègues qui ont, dans le demi-siècle précédent, fondé la diversité de l’anthropologie à la française ; le nécessaire temps du deuil semble aujourd’hui achevé, la nouvelle génération de chercheurs a dépassé le sentiment de la perte. Insistons plutôt sur ce que l’on identifie, à tort selon nous, comme les symptômes irréfutables d’une dissolution du projet anthropologique et donc comme une fin possible de la discipline.

Quelques-uns nous disent, en gros, que les quatre piliers de la définition disciplinaire canonique seraient, progressivement depuis une trentaine d’années, sapés à la base :

  1. L’exercice du « terrain », souvent conçu comme une imprégnation solitaire (même si ce type d’expérience est loin de dominer le développement historique de l’anthropologie), n’est plus l’apanage des ethnologues. Sociologues, historiens, géographes, linguistes, psychologues… ont une pratique du terrain souvent plus explicite dans ses présupposés et « l’ethnographie » est en train de se réduire à une méthode de collecte des données à disposition de tous, à côté, par exemple, du dépouillement d’archives, de l’enquête par questionnaire ou de l’application de tests de tout type. En bref, le savoir faire de l’ethnographe, fondé sur une familiarité de longue durée avec un groupe restreint dont il pratique les langues et dont il adopte, en partie, le mode de vie, serait entré dans la boîte à outils des sciences sociales du contemporain. où il s’enrichit de techniques plus ouvertement objectivistes. L’attachement des ethnologues à cette spécificité, qu’ils présentent communément comme le noyau de leur identité professionnelle, serait donc devenu anachronique (Giddens 1995 ; Lenclud 2006).
  2. « L’inventaire des différences », pour reprendre le titre de Paul Veyne, a balisé l’horizon programmatique de l’anthropologie pendant deux siècles. Il s’appuie sur les multiples expériences de « l’altérité », parfois développées sous la forme d’un « ethnocentrisme critique » (De Martino 1977). Ses corrélats essentiels sont la valorisation des groupes « mal connus », des « langues rares » et « l’urgence » à aller étudier les « derniers ». On peut considérer, même si ces arguments rhétoriques survivent dans le discours commun et dans l’image publique de l’ethnologue, que cet inventaire, généralement décrit en termes « ethniques » et culturels, est sur le point d’être achevé ; le retour sur des terrains « à revisiter » ne suffisant plus à en prolonger le programme. Lévi Strauss prévoyait d’ailleurs le moment où l’anthropologie se consacrerait essentiellement à l’interprétation de la masse des données archivées qui renseignent sur les sociétés humaines connues ; ce moment semblerait s’être très rapidement rapproché.
  3. La notion de culture, objet d’un débat de définition récurrent, tombée, entre temps, dans l’usage commun, désigne, à la fois, la singularité anthropique au sein des espèces zoologiques voisines et l’ensemble des « mœurs, coutumes et institutions » qui confère un « style » particulier à chaque groupe défini par contraste. La notion d’inconscient, au sens non freudien que lui prêtent beaucoup d’anthropologues, s’articule sur cette dernière définition et désigne, dans l’expérience indigène, « les choses que l’on sait quand on n’y pense pas » (J. Joubert), l’ensemble coutumier des façons de dire et de faire propre à un monde social particulier et ressenti comme tel. Cette notion a subi des attaques de tous genres qui visent essentiellement sa réification dans une approche purement typologique et son emprise sur la finalité ultime de l’entreprise ethnologique qui se donne souvent comme ambition de décrire « une culture » ou « une identité », ce qui revient à peu près au même (G. Lenclud). Dans la période récente les anthropologues français ont participé au débat sur deux plans bien distincts. Les uns ont désigné les processus de métissage comme l’état « normal » de la dynamique des cultures (J.-L. Amselle, S. Gruzinski). Les autres ont donné pour objet à l’ethnographie non la « culture », qui ne serait qu’un agrégat inconnaissable, mais la « situation », le nœud d’interrelations dans lequel l’ethnographe est impliqué et qui serait seul descriptible et analysable (J. Bazin). Une évolution assez semblable a donné naissance, il y a trois décennies, au programme d’enquête de la micro-histoire dans lequel quelques ethnologues se reconnaissent (A. Bensa).
  4. En cherchant à définir la spécificité et l’unité de l’homme à travers la diversité des réalisations sociales et culturelles, l’anthropologie s’est, dès l’origine, donné le programme universaliste qui la singularise en tant que discipline. La variété des théories d’ensemble, la diversité des perspectives et des pondérations possibles dans la description du social en général n’ont pas éliminé cette ambition première, même si elle est plus ou moins affirmée. Il s’agit toujours, pour paraphraser la formule de Rousseau, d’identifier les différences afin d’en extraire les propriétés qui fondent la comparaison des sociétés et des cultures, œuvres de l’anthropos en tant que tel et milieu qui, dans un processus d’auto-engendrement, a produit l’hominisation. La recherche d’universaux ou d’invariants – qui revient à attribuer aux productions culturelles des propriétés que la pensée scientifique réserve généralement au monde physique – se justifie, en dernière instance, par la référence à des constantes transhistoriques de « l’esprit humain ». Ce dernier, autrefois spécifié en une typologie de « mentalités » ou de modes de la « pensée », a longtemps fait fonction de présupposé, hors de la prise directe de toute enquête. Le programme universaliste de l’anthropologie semblait donc se résigner à demeurer assez largement virtuel à l’exception de quelques percées de portée générale qui n’ont cessé, ces dernières années, de nourrir la réflexion et le débat (théorie du don ; systèmes de parenté ; principes organisateurs des taxinomies ; formule canonique du mythe…). Or, dans les trois dernières décennies, ce programme a été reformulé par la psychologie cognitive dans des termes qui ouvrent des perspectives empiriques à l’enquête sectorielle. On aurait donc assisté à un transfert définitif du programme universaliste d’une discipline vers une autre qui se donne directement et pleinement « l’esprit humain » comme terrain d’investigation.

Dubitative quant à sa méthode, ses objets et son programme fondateur, l’anthropologie serait donc entrée d’elle-même en crise, il y a une vingtaine d’années.

Chacune des grandes questions que nous venons d’évoquer mériterait une discussion de longue haleine qui n’a pas sa place ici. Quelques réflexions suffiront à indiquer à quel point les diagnostics présentés ci-dessus, en dépit de leur pertinence partielle, débouchent sur des conclusions contestables car ils opèrent des simplifications qui ne résistent pas à la confrontation avec les pratiques actuelles de l’anthropologie.

1) Quant au terrain, retenons que l’ethnographie demeure, par sa pratique intensive, une expérience de connaissance qui n’a pas été remplacée. Soulignons surtout le fait que, loin de se figer dans un modèle canonique, la notion de terrain n’a cessé d’être interrogée et enrichie en France du simple fait de la diversification des objets de l’enquête et des conditions d’exercice de l’ethnographie. Sur ce plan, la pratique de terrains proches, a priori dépouillés de tout exotisme, situés dans des sociétés imprégnées d’écriture et dans lesquels l’ethnologue n’occupe plus systématiquement une position sociale dominante par rapport au groupe qui l’accueille, a profondément contribué à un renouvellement et à une ouverture. Des alliances anciennes ont intégré dans la pratique des ethnographes de multiples protocoles de construction des faits empruntés à la linguistique, à la psychologie, à l’histoire, à la démographie… L’ethnographie de l’énonciation, de l’interaction ou de la performance a préparé l’orientation pragmatique qui semble aujourd’hui favorisée (Fabre 1992). Le choix d’ensembles qui outrepassent la dimension du petit groupe local – certains constitués par des foules provisoires de multiples origines, d’autres animés par des déplacements de grande ampleur – a renoué, par des chemins divers, le lien méthodologique avec la sociologie et la géographie. En bref, c’est plutôt l’invention continue des manières d’enquêter qui caractérise une ethnologie qui, à la différence de sciences voisines, n’a jamais fait un sort à part à la discussion de ses méthodes au sens étroit du terme, privilégiant plutôt le questionnement avant d’élaborer ses voies plurielles d’investigation. C’est donc une impression d’éclectisme raisonné et inventif que donne aujourd’hui le tableau des manières de faire des ethnographes.

2) Si le constat d’une fin de l’inventaire « ethnique » peut être partagé, il a pour corollaire l’émergence d’une autre manière de concevoir l’objet de la recherche. En gros, et cela est sensible dans les dossiers que la section 38 examine, on constate le passage d’une génération tendanciellement attirée par l’encyclopédisme du local (« tout étudier sur un terrain délimité ») à une autre qui favorise plutôt le choix thématique, la comparaison à moyenne ou longue distance et l’extension géographique et historique de l’enquête en fonction des questions surgies au cours du travail analytique. L’aire et la profondeur temporelle de la recherche n’est plus donnée par le découpage reçu du continuum humain, elle est une dimension essentielle de l’objet intellectuel construit par le chercheur.

3) La critique de la notion de « culture » a porté, légitimement, sur l’enfermement dans l’isolat « ethnoculturel » et identitaire et a promu des analyses qui placent en leur centre la circulation, l’échange, le syncrétisme et le métissage, autant de termes redéfinis en profondeur. De même, dans la continuité de la réflexion wébérienne, l’anthropologie française a produit des analyses critiques de catégories générales (par exemple, le grand partage entre « sociétés de la tradition » et « sociétés modernes »), en insistant plus particulièrement, dans la lignée de Louis Dumont et dans un dialogue avec les historiens et les philosophes de l’histoire, sur la question des « exceptions historiques » – occidentale, chinoise… – au sein des sociétés du monde, préalable à toute anthropologie de la mondialisation (Dumont, Elias, Gauchet). Un riche débat s’est d’ailleurs ouvert sur l’utilité de ces oppositions.
En outre, à une autre échelle, il convient de relever le dynamisme maintenu d’une répartition en « aires culturelles » qui ouvrent nécessairement le pluralisme culturel à la comparaison méthodique, à l’analyse des diverses « ethnogenèses » ainsi que des politiques de la domination ethnique voire raciale. L’anthropologie française, et c’est une situation aujourd’hui assez exceptionnelle en Europe, possède un acquis de connaissances accumulées sur de vastes régions du globe privilégiées. Les principaux territoires de l’ethnologie sont actuellement les mondes amérindiens (surtout l’Amérique du Sud), le sous-continent indien et ses marges himalayennes, l’Asie centrale et l’Asie du Sud-Est, l’Océanie, plus partiellement la Chine et le Japon. Les sociétés européennes, notamment méditerranéennes, restent un très vivant objet contemporain d’étude. De nombreux ethnologues travaillent toujours sur les mondes africains et arabo-musulmans.
Restent également, et plus que jamais posées, les deux questions qui ont fondé la pertinence de la notion de culture.

  • La première, chapitre essentiel de l’approche phylogénétique, porte sur l’espèce humaine comme productrice de culture ; et ici, dans la lignée de Leroi-Gourhan, le dialogue avec les paléontologues de l’hominisation, les éthologues spécialistes des primates et les archéologues préhistoriens est essentiel.
  • La seconde tente de définir dans son essence l’habitus collectif, « l’intimité culturelle » (M. Hertzfeld), bref ce qui fait « tenir ensemble » une société qui se perçoit dans sa différence. On a généralement confondu cet implicite culturel avec une sorte d’inconscient, mais comment ne pas voir à l’œuvre dans chaque culture des discours d’explicitation qui introduisent une dimension réflexive où se manifeste en clair des choix généralement impensés ?

Partant de là, s’est développé un troisième angle d’analyse de la culture dont l’anthropologie s’empare actuellement. En effet, le terme désigne aujourd’hui, dans toutes les sociétés du monde, une catégorie d’objets, d’espaces et de pratiques porteurs de valeurs, champ d’une politique locale, nationale et mondiale des arts et du patrimoine et ressource pour tous les processus d’identification, collective et personnelle. Cette autonomisation introduit une distance et une réflexivité particulières dans les objets classiques de l’ethnologie, aboutissant parfois à un recyclage identitaire ou touristique de ses résultats. Elle conduit, en tout cas, à une réactivation critique de la notion de culture, suscitant une sorte d’anthropologie au second degré.

4) La question des invariants maintient l’anthropologie au contact de ce qu’il faut bien appeler son socle philosophique et, de ce fait, elle semble échapper, par nature, au consensus. En effet, sur ce thème, le débat est d’une richesse constamment renouvelée et porte, au moins, sur trois niveaux.
D’abord une large part des anthropologues, si ce n’est leur majorité, ignore ou récuse la question de « la nature » ou de « l’esprit » humains. Attachés à décrire le fonctionnement de relations et de systèmes sociaux, convaincus du caractère forcément historique de leur objet ou opposés, dans une lignée nietzschéenne que Michel Foucault a remarquablement incarné, à l’idée même que l’homme possède une nature transhistorique, ils ne se considèrent pas moins comme des anthropologues. On peut même dire, au regard de la production internationale du dernier demi-siècle, que le postulat des invariants est souvent considéré comme une spécialité française, que ses critiques rapportent à un penchant « national » pour les spéculations abstraites.
Ensuite, lorsque la recherche des invariants est effective, elle ne met pas en œuvre une définition homogène. Les uns sont plus attachés à l’identification du fondement réaliste qui se réfère aux limites de l’expérience sensorielle de l’homo sapiens pour délimiter le champ de sa connaissance du monde et, par conséquent, de ses représentations possibles. Les autres visent à la formule quasi-algébrique qui place l’invariant du côté d’une forme abstraite susceptible de générer une large diversité d’objets concrets. Enfin, et c’est un des points les plus débattus aujourd’hui, certains anthropologues admettent que l’équipement conceptuel et méthodologique de la discipline doit, pour réaliser le programme de découverte des invariants, faire étroitement alliance avec les sciences de l’esprit, et d’abord la psychologie cognitive. Il se trouve que c’est en France, il y a une trentaine d’années, dans le cadre d’une critique du « sémiologisme » lévistraussien, que ce nouveau programme a été esquissé (Dan Sperber), il a pour avantage de proposer un répertoire de recherches empiriques qui portent, principalement, sur l’ontogénèse des instruments de la pensée. Dans une lignée, dont Piaget est l’initiateur, l’enfant devient un terrain central de la recherche anthropologique : la genèse des croyances, la transmission de la culture, l’imitation, les perceptions sensorielles, les opérations classificatoires, le sentiment esthétique… figurent parmi les thèmes actuellement explorés. Mais, là encore, il convient de garder présent à l’esprit le choix crucial que cette orientation traduit. A la question, clairement posée par Vincent Descombes, « Où situer l’esprit ? », deux réponses diamétralement opposées ont été proposées et solidement étayées par les philosophes modernes. La première situe l’esprit, et donc la pensée, à l’intérieur, dans le système nerveux central, la seconde à l’extérieur, dans les institutions élaborées au fil de l’histoire collective ; ces dernières étant l’objet même de l’anthropologie (Descombes 1995a et b). Beaucoup de fondateurs de la discipline – dont Van Gennep, Mauss et Lévi-Strauss en France – ont souvent admis que l’anthropologie était, en fin de compte, une psychologie mais la question de l’articulation des questions formulées par deux disciplines dont le point d’insertion est si radicalement contrasté reste un passionnant défi.

Une telle intensité potentielle du débat de méthode et de théorie ne peut fonder l’annonce d’une mort imminente. Elle caractérise plutôt un savoir en construction, bien vivant, comme le confirme la demande croissante d’anthropologie de la part des autres disciplines (philosophie, histoire, archéologie, linguistique, géographie, économie, politologie, sciences du vivant…) et l’alliance complètement renouvelée avec certaines tendances de la sociologie. Il faut cependant noter le penchant, assez prononcé chez les anthropologues, à confronter leur exploration ou leur invention d’objets à une définition idéale de la discipline. Ce qui fait trop souvent de la perplexité identitaire (« Est-ce de l’anthropologie ? ») et du jugement péremptoire qui va avec (« Ce n’est pas de l’anthropologie ! »), le dernier mot de tout débat. D’où la tendance à hiérarchiser les productions qui s’inscrivent dans le champ de l’anthropologie soit en vertu de leurs procédures de collecte des données soit en vertu de leur conformité à un programme fort, celui de l’explicitation des systèmes symboliques ou celui de la recherche expérimentale des invariants, par exemple. C’est oublier que tout périmètre disciplinaire résulte d’une convention conjoncturelle et que la multiplication des débats scientifiques devrait plutôt le renforcer que l’affaiblir. Il suffit de considérer la vitalité polémique de l’histoire, de la sociologie, de la géographie ou de la psychologie pour se rendre compte qu’il est vain, et institutionnellement couteux, de lier les confrontations épistémologiques les plus radicales à l’existence de la discipline qui dépend de bien d’autres facteurs.

II. Terrains, objets, théories : les avancées du présent

L’enquête monographique de longue durée, impliquant un fort investissement linguistique et couvrant l’ensemble des dimensions de la vie sociale des populations concernées, continue donc à alimenter le programme et les hypothèses d’une anthropologie comparative (des formes de la parenté et du politique, des logiques rituelles etc.), mais l’étude des terrains classiques de la discipline est en train de se renouveler à partir de quatre orientations :

1) L’intérêt pour les « ethnosciences » et les savoirs locaux des sociétés non-occidentales, dont l’expansion, en France, date des années 1970-1980, s’est considérablement élargi au moins dans deux directions. La première par inclusion des savoirs savants, de la science et de la technique occidentales, dans une approche qui revendique l’ethnographie comme méthode et l’anthropologie comme horizon. C’est donc, globalement, les notions de savoir, d’apprentissage, de transmission, de reconnaissance, de controverse… qui se trouvent interrogées, ce qui provoque, par contrecoup, un certain renouvellement de l’équipement conceptuel des sciences sociales. La seconde consiste à se donner pour objet l’ensemble de l’organisation de la vie psychique et des opérations mentales des « autres ». La structure des perceptions et la qualité des affects, les schèmes corporels, en un mot les contraintes des cognitions et des émotions, sont au fondement de l’étude des psychologies ou des ontologies indigènes. Eclairées par la reprise critique des hypothèses expérimentales de la psychologie cognitive, ces études anthropologiques de terrain ouvrent aussi sur la question des épistémologies alternatives, et pratiquent également la confrontation avec les modèles psychanalytiques de l’inconscient.

2) La construction des identités « ethniques » dans un monde de relations interethniques plus ou moins contrôlées par les Etats obligent à prendre en compte les processus plus politiques d’invention de la coutume, d’indigénisation des cultures, de ré-ethnicisation des communautés. Les catégories d’ethnie, de race, de nation, s’entremêlent au sein des productions identitaires des mouvements indigènes, et sont fortement relayées et retravaillées au sein des parcours migratoires et des diasporas. L’anthropologue est appelé sur ces terrains à l’échange avec les historiens de l’invention missionnaire des identités ethniques et, bien sûr, avec les sociologues des minorités migrantes et des diasporas. Ainsi, par exemple, les mondes néo-indiens ou afro-américains constituent-ils aujourd’hui de nouveaux territoires de l’anthropologie.

3) L’ethnologie prend en compte désormais sa contribution, par le biais de ses institutions (bureaux d’ethnologie, musées, collections), à l’élaboration et à l’institution de la culture, et constitue en objet d’analyse les processus de « patrimonialisation » des savoirs, des arts et des sites indigènes. Ces phénomènes complexes, qui sont le fruit d’une longue histoire dans les sociétés européennes, sont désormais omniprésents dans les territoires de consommation exotique de l’ethnologie et dans les politiques culturelles des Etats du Sud en matière d’investissement patrimonial et de tourisme. Cette anthropologie de l’institution de la culture confère une place centrale à des pratiques que l’anthropologie française a longtemps tenues à l’écart. Ainsi, l’authenticité du terrain a-t-elle été longtemps associée à la communication verbale et à la valorisation de la « parole » et de la tradition orale. Or, la place de l’écriture, et plus largement du graphisme, dans beaucoup de sociétés requiert désormais une attention particulière pour une série de raisons qui marquent un élargissement du questionnement anthropologique : écriture et arts de la mémoire, écriture et objectivation de la valeur culturelle à travers des textes fondateurs, émergence de la catégorie des lettrés, mise en œuvre institutionnelle de la conservation et de la transmission des écrits, construction et figuration du passé collectif… Autant de thèmes qui imposent un dialogue avec les spécialistes des langues écrites et de leur mise en texte.

4) C’est là un pas vers une anthropologie des œuvres qui sont, selon des modalités diverses, des réserves d’identification, collective et personnelle. Cette anthropologie connaît en ce moment des développements essentiels et un renouvellement profond. Alors qu’elle a été longtemps réservée à quelques grandes figures de la discipline – Leroi-Gourhan et Lévi-Strauss au premier chef — l’anthropologie des arts est en train de se construire en France depuis une dizaine d’années. L’ethnomusicologie a enrichi sa palette en abordant des musiques de tradition écrite et des pratiques musicales contemporaines mondialisées (le jazz, par exemple). L’anthropologie des arts visuels connaît, dans le dialogue parfois difficile mais absolument nécessaire avec le nouveau Musée du Quai Branly, des développements qui visent à en faire une des disciplines phares dans l’approche des objets et des pratiques esthétiques. L’anthropologie des textes littéraires se développe de façon buissonnante dans un certain éclectisme méthodologique. Ces approches enrichissent, voire bouleversent, le savoir-faire interprétatif des disciplines humanistes sur plusieurs plans. Retenons simplement l’importance des questions générales qui sont ici mises en évidence : l’ontogenèse et la phylogenèse de la production et de la perception esthétiques, les formes et les fonctions du régime fictionnel, la question de la mémoire incarnée dans le faire esthétique, la part de la relation entre cultures dans la qualification d’art, l’analyse comparative de la singularité biographique du créateur, de l’artiste et de l’écrivain etc.
Il est important de veiller à ce que ces objets de recherche ne donnent pas naissance à des micro-spécialités séparées, dont le lien à la problématisation ethnologique et anthropologique se relâcherait peu à peu. Sur ce plan, l’ethnomusicologie française propose un exemple à suivre. L’étude des pratiques musicales est, le plus souvent, pensée, d’une part, comme une voie d’accès à un univers culturel et social plus large et plus complexe et, d’autre part, étant données les particularité de la musique elle-même, de sa mémorisation et de son partage, comme un des chantiers de la recherche des invariants formels ou émotionnels. Bref, le passage de l’ethnomusicologie à l’anthropologie de la musique est en cours.

Au regard de ces quatre orientations il est clair que tous les clivages entre ethnologie du proche et du lointain, ethnologie des traditions orales et anthropologie de la raison graphique, étude des cultures et institution de la culture, sont fortement relativisés. Tous les « autres » sont plus que jamais nos « contemporains », et toute anthropologie est une anthropologie des mondes contemporains (incluant leur profondeur historique et leur rapport au passé) ou des questions que la contemporanéité suscite. Si le paradigme structuraliste ou, à un moindre degré, le paradigme marxiste ont pu fournir à l’anthropologie une sorte de matrice identitaire, aucun autre programme « fort » n’a pris le relais : l’anthropologie cognitive, l’anthropologie pragmatique ou même l’anthropologie psychanalytique cohabitent dans la confrontation aux objets d’étude. La tentation existe pourtant de regrouper en dehors du périmètre disciplinaire de l’anthropologie tout ce qui semble relever d’une approche descriptive de sociétés locales, d’une attention aux expressions collectives et aux traditions aujourd’hui « inventées » ou encore d’une interprétation des œuvres en régime de singularité. L’étiquette « Etudes culturelles » serait toute trouvée pour désigner ce type de recherches. A notre avis, l’introduction de ce « grand partage » serait une erreur mortelle pour l’anthropologie. Outre qu’il reflète crûment son insécurité épistémologique atavique (Bourdieu se demandait-il s’il faisait de la sociologie en interprétant à sa manière La promenade au phare de Virginia Woolf ?), elle reviendrait à ignorer les spécificités de l’apport anthropologique à de tels travaux et, peut-être surtout, le fait que les sciences sociales se sont toujours nourries et enrichies du dialogue avec les productions qui manifestent la plus haute réflexivité à l’intérieur de chaque culture particulière. Nos sciences apprennent à comprendre en découvrant comment les « autres » se comprennent eux-mêmes. C’est la limite imposée au pur et simple traitement naturaliste de leur objet.


Après l’attentat contre les Twin Towers, en septembre 2001, un de nos collègues aurait eu cette réflexion : « Désormais, on ne devrait plus nous demander :’A quoi sert l’anthropologie ?’ ». Sans doute désignait-il par là le fait que l’ensemble des commentaires à chaud et des discours politiques semblaient se heurter au mur de l’imprévu et de l’incompréhensible qui faisait ressurgir au sein de la médiasphère le langage de l’irrationalité, en invoquant une lutte manichéenne du bien et du mal et en fondant sur la croyance religieuse publiquement affirmée les entreprises belliqueuses à venir. Un tel tissage du politique, de la violence et du religieux évoquait évidemment des thèmes de réflexion essentiels à l’anthropologie contemporaine.
La question des dynamiques religieuses et les interrogations sur les formes contemporaines du religieux sont, en effet, au centre des recherches les plus récentes. Ce constat n’est qu’en partie lié au fait que les sociologues des religions et les laboratoires auxquels ils appartiennent, relèvent historiquement de la section 38. Le champ d’étude hérité de la « sociologie religieuse » et du groupe de « sociologie des religions » du CNRS, s’est d’abord au fil du temps recomposé sous l’appellation « sciences sociales des religions », regroupant désormais plus d’historiens et d’anthropologues que de sociologues des religions inspirés par les sciences politiques. Parallèlement, le grand partage entre une anthropologie du rituel, du symbolique ou des croyances, ancrée dans les sociétés traditionnelles, et une sociologie du croire analysant les procès de recomposition de la modernité religieuse (sécularisation, laïcisation, individualisation) a perdu de sa pertinence. Là encore trois chantiers se sont ouverts qui se révèlent plein de promesses :

1) L’anthropologie pragmatique des formes de l’action rituelle qui met l’accent sur les situations d’interaction et d’énonciation prend ses distances par rapport à l’héritage des lectures symbolistes et des pratiques exégétiques qui se nourrissent de la maîtrise d’un corpus de mythes ou de traditions scripturaires, et trouvent à s’appliquer sur des terrains européens ou non-européens. Elle permet de lire de manière à la fois contextuelle et transversale des rituels d’interaction relevant aussi bien des cycles d’initiation, des séances de divination ou des pratiques de dévotion, en reprenant la question des modes de présence et de partage des esprits, des dieux, des héros et martyrs (ou même de Dieu), et de leur rôle dans la fabrique des personnes concernées (initiés, croyants ou convertis).

2) La religion en mouvement, le processus de dérégulation des religions instituées, trouve son envers dans le succès des pèlerinages et le réveil des cultes de saints qui recréent de nouvelles formes d’autorité religieuse. Les cadres de l’expérience pèlerine, l’institution de lieux de pèlerinage, les dispositifs rituels des apparitions, se révèlent partout dans le monde (de St Jacques de Compostelle à Bénarès, en passant par Medjugorje), au sein de traditions religieuses très diverses, d’excellents analyseurs des formes contemporaines de religiosité. Le partage des lieux de culte et l’échange des figures médiatrices des saints (entre christianisme et islam) permet d’éclairer les relations interethniques et les enjeux politiques de l’invention d’une nation.

3) La transnationalisation des religions du Sud (cultes de possession africains, chamanismes et pentecôtismes indigènes ou islam indien) constitue un autre terrain majeur de l’anthropologie religieuse contemporaine qui poursuit l’ouverture représentée en son temps par la constitution des prophétismes et des syncrétismes comme objets anthropologiques. Ces religions transnationales, véhiculées par les réseaux de « transmigrants », bousculent, par leurs enjeux identitaires et communautaires, le cadre d’une sociologie de la globalisation religieuse centrée sur le bricolage cosmopolite des croyances et la libéralisation du marché religieux. Sur le plan anthropologique, les logiques qui président aux processus de réinterprétation des identités religieuses (réafricanisation, reévangélisation, indigénisation) et les outils d’analyse disponibles (bricolage, métissage, hybridité) sont au cœur des interrogations.


L’anthropologie s’est également et pleinement investie dans nos « problèmes de société » en les revisitant à partir des acquis de ses conceptualisations classiques et des développements contemporains, non sans susciter certaines résistances larvées de la part des tenants d’une définition exotique et archaïque de ses objets :

1) L’autonomisation d’une « anthropologie économique » a été une des tâches de la génération précédente soucieuse d’identifier les lieux où s’articulent, dans des sociétés non-capitalistes et en l’absence d’une autonomisation des grands champs de la pratique, l’économique et le social. On pourrait penser que les trois dernières décennies de l’histoire du monde ont balayé ce type de questionnement. Or, il n’en est rien. Non seulement le « marché » voit proliférer, partout dans le monde, des zones très importantes d’économie souterraine mais les manières dont l’économie est comme « encastrée » dans les rapports sociaux et politiques constitue un objet central, encore trop rarement interrogé.

2) l’anthropologie de la parenté rebondit avec les nouvelles formes de parentalité que suscitent les recompositions familiales en cours au sein de nos sociétés, et l’anthropologie de la construction culturelle des identités sexuées doit intégrer les fantasmes d’une séparation complète de la sexualité et de la reproduction. Les adoptions « internationales » ou la procréation assistée constituent des terrains quasi-expérimentaux pour l’étude de la construction des identités individuelles. Dans le prolongement de ces enjeux, les transplantations d’organes ou les greffes « exogènes » (xénogreffes animales) interrogent également les frontières entre le soi et l’autre, les hybridations entre l’humanité et l’animalité, et les violences faites à l’animal qu’elles supposent.

3) Les nouvelles approches du « vieillissement » des populations et de la longévité des individus, qu’autorisent la méthode ethnographique et les comparaisons anthropologiques, viennent en complément des recherches promues par la démographie, la sociologie et les sciences du vivant. Elles portent sur les processus multiples à l’œuvre dans l’instauration des limites et des seuils, à la tension des référents contraires et aux accidents de parcours au fil des âges, en somme aux temporalités multiples qui façonnent les cycles de vie et les itinéraires biographiques contemporains. De façon générale la question de la construction sociale du biographique, y compris comme représentation, doit être repensée à nouveau frais

4) Les formes extrêmes de violence, interrogeant les frontières de l’humanité, qu’elles soient issues des conflits de guerre civile (massacres et tortures), des formes internationales du terrorisme (suicide des martyrs), des politiques étatiques d’épuration ethnique et d’extermination (exil, camp, génocide), ont suscité toute une anthropologie de la violence et de la justice. Celle-ci se penche plus particulièrement non seulement sur les ritualisations de cette violence « sauvage » ou les politiques de réparation, de pardon et de réconciliation, mais sur toutes les formes de gestion de la souffrance des corps et des esprits, le traitement thérapeutique des blessures de la mémoire, qui empruntent aux rituels de confession, de commémoration, et de pèlerinage et aboutit à l’héroïsation paradoxale des victimes.

5) Enfin, les formes plus ordinaires de déviance et de criminalité, les aveux et les repentirs, liés à l’expérience de la peine, autant que les reconversions des libérés, conduisent à s’interroger sur la construction des condamnés en tant que sujets moraux. La perpétuation des « mises à mort » d’homme au sein des sociétés modernes, et la multiplication des associations de familles de condamnés (coupables et victimes), constituent d’autres objets critiques qui invitent à développer une anthropologie globale et comparative de la construction des identités morales.

Sur ces différents thèmes, l’épreuve du comparatisme, à laquelle l’anthropologie est ouverte par définition, entraine un renouvellement très profond des chapitres classiques de l’étude monographique. Par exemple, la question du suicide, thème et débat fondateur des sciences sociales comme disciplines en tant qu’il est, dans beaucoup de cultures, un geste éminemment individuel profondément socialisé, fait l’objet d’analyses anthropologiques qui apportent du neuf au débat en éclairant des contextes d’interprétation nouveaux (Macdonald 2003 ; Baudelot et Establet 2006). Une façon, sans doute caricaturale mais non dénuée de vérité, d’opposer les tendances et les images publiques de l’anthropologie et de la sociologie, souligne le contraste de leur rapport au temps ou, si l’on préfère, à l’historicité. Les sociologues se donnent souvent la justification du surgissement historique et donc de la nouveauté (« nouveaux pauvres », « nouveaux pères », nouveaux croyants », « nouveaux racismes », « nouveaux médias »…), les anthropologues refroidissent cette néophilie en insistant plutôt sur les continuités souterraines, sur la clôture systémique du répertoire des choix culturels, sur la stabilité de la « condition humaine ». Même si la demande sociale diffuse continue à adresser à l’une et à l’autre discipline les mêmes attentes inverses, nous sommes complètement sortis de ces naïvetés, l’anthropologie affronte avec ses moyens le changement et l’évènement, la sociologie est attentive à des continuités peu visibles. La notion, longtemps jugée très imprudente, de « mutation anthropologique » est mieux recevable, ce qui redonne à l’anthropologie contemporaine et historique du monde occidental – dont « la tradition du nouveau » (H. Rosenberg 1962) fut la forme d’historicité dominante – une place importante.


PDF - 116.2 ko
Rapport de conjoncture de la section 38 (CNRS)
(Mis en pdf à partir du document .doc pour les allergiques à ce format — V.B.)

Posté le 19 mai 2007

65 commentaire(s)

- commençant par les plus récents
Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 mars 2017 15:51, par Georges Foity

merci Plombier Saint-Denis pour ce post Plombier Saint-Denis Plombier Saint-Denis

Rapport de conjoncture de la section 38 - 17 janvier 2017 08:13, par Georges Foity

merci marie liesse voyance pour ce post marie liesse voyance marie liesse voyance

Rapport de conjoncture de la section 38 - 17 janvier 2017 07:52, par Georges Foity

merci marie liesse voyance pour ce post marie liesse voyance marie liesse voyance

Rapport de conjoncture de la section 38 - 16 janvier 2017 12:29, par Georges Foity

merci Plombier Paris 18 pour ce post Plombier Paris 18 Plombier Paris 18

Rapport de conjoncture de la section 38 - 16 janvier 2017 08:10, par Georges Foity

merci Serrurier Colombes pour ce post Serrurier Colombes Serrurier Colombes

Rapport de conjoncture de la section 38 - 16 janvier 2017 06:31, par Georges Foity

merci Serrurier Paris 17 pour ce post Serrurier Paris 17 Serrurier Paris 17

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 janvier 2017 22:53, par Georges Foity

merci Plombier Cergy pour ce post Plombier Cergy Plombier Cergy

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 janvier 2017 17:37, par Georges Foity

merci Plombier Paris 12 pour ce post Plombier Paris 12 Plombier Paris 12

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 janvier 2017 09:07, par Georges Foity

merci Serrurier Drancy pour ce post Serrurier Drancy Serrurier Drancy

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 janvier 2017 06:18, par Georges Foity

merci Electricien Argenteuil pour ce post Electricien Argenteuil Electricien Argenteuil

Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 janvier 2017 22:38, par Georges Foity

merci Serrurier Paris 18 pour ce post Serrurier Paris 18 Serrurier Paris 18

Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 janvier 2017 16:49, par Georges Foity

merci Serrurier Saint-Denis pour ce post Serrurier Saint-Denis Serrurier Saint-Denis

Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 janvier 2017 12:59, par Georges Foity

merci Plombier Paris pour ce post Plombier Paris Plombier Paris

Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 janvier 2017 11:32, par Georges Foity

merci Plombier Boulogne-Billancourt pour ce post Plombier Boulogne-Billancourt Plombier Boulogne-Billancourt

Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 janvier 2017 05:07, par Georges Foity

merci Electricien Asnières-sur-Seine pour ce post Electricien Asnières-sur-Seine Electricien Asnières-sur-Seine

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 janvier 2017 23:09, par Georges Foity

merci Electricien Créteil pour ce post Electricien Créteil Electricien Créteil

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 janvier 2017 19:19, par Georges Foity

merci Plombier Drancy pour ce post Plombier Drancy Plombier Drancy

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 janvier 2017 18:42, par Georges Foity

merci Plombier Drancy pour ce post Plombier Drancy Plombier Drancy

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 janvier 2017 06:32, par Georges Foity

merci Serrurier Courbevoie pour ce post Serrurier Courbevoie Serrurier Courbevoie

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 janvier 2017 19:45, par Georges Foity

merci Plombier Nanterre pour ce post Plombier Nanterre Plombier Nanterre

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 janvier 2017 16:21, par Georges Foity

merci Plombier Paris 17 pour ce post Plombier Paris 17 Plombier Paris 17

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 janvier 2017 11:28, par Georges Foity

merci Serrurier Asnières-sur-Seine pour ce post Serrurier Asnières-sur-Seine Serrurier Asnières-sur-Seine

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 janvier 2017 10:15, par Georges Foity

merci Electricien Montreuil pour ce post Electricien Montreuil Electricien Montreuil

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 janvier 2017 10:12, par Georges Foity

merci Electricien Montreuil pour ce post Electricien Montreuil Electricien Montreuil

Rapport de conjoncture de la section 38 - 23 décembre 2016 17:14, par Georges Foity

merci info immobilier pour ce post info immobilier info immobilier

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 décembre 2016 16:43, par Georges Foity

merci Serrurier Paris pour ce post Serrurier Paris Serrurier Paris

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 décembre 2016 20:28, par Georges Foity

merci domotique pour ce post domotique domotique

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 décembre 2016 15:23, par Georges Foity

merci Dépannage serrure Limours pour ce post Dépannage serrure Limours Dépannage serrure Limours

Rapport de conjoncture de la section 38 - 5 décembre 2016 22:29, par Georges Foity

merci domotique pour ce post domotique domotique

Rapport de conjoncture de la section 38 - 27 octobre 2016 12:15, par Georges Foity

merci Electricien Osny pour ce post Electricien Osny Electricien Osny

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 octobre 2016 03:07, par Georges Foity

merci Serrurier Le Pecq pour ce post Serrurier Le Pecq Serrurier Le Pecq

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 octobre 2016 03:05, par Georges Foity

merci Serrurier Le Pecq pour ce post Serrurier Le Pecq Serrurier Le Pecq

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 octobre 2016 02:01, par Georges Foity

merci Plombier Orsay pour ce post Plombier Orsay Plombier Orsay

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 octobre 2016 01:39, par Georges Foity

merci Plombier Neuilly-sur-Seine pour ce post Plombier Neuilly-sur-Seine Plombier Neuilly-sur-Seine

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 octobre 2016 01:33, par Georges Foity

merci Plombier Neuilly-sur-Seine pour ce post Plombier Neuilly-sur-Seine Plombier Neuilly-sur-Seine

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 octobre 2016 23:55, par Georges Foity

merci Electricien Osny pour ce post Electricien Osny Electricien Osny

Rapport de conjoncture de la section 38 - 12 octobre 2016 23:17, par Georges Foity

merci Electricien Clamart pour ce post Electricien Clamart Electricien Clamart

Rapport de conjoncture de la section 38 - 6 octobre 2016 23:35, par Georges Foity

merci Plombier Vauréal pour ce post Plombier Vauréal Plombier Vauréal

Rapport de conjoncture de la section 38 - 6 octobre 2016 23:14, par Georges Foity

merci Plombier Orsay pour ce post Plombier Orsay Plombier Orsay

Rapport de conjoncture de la section 38 - 6 octobre 2016 22:25, par Georges Foity

merci Electricien Brie-Comte-Robert pour ce post Electricien Brie-Comte-Robert Electricien Brie-Comte-Robert

Rapport de conjoncture de la section 38 - 6 octobre 2016 22:04, par Georges Foity

merci Electricien Osny pour ce post Electricien Osny Electricien Osny

Rapport de conjoncture de la section 38 - 6 octobre 2016 22:01, par Georges Foity

merci Electricien Osny pour ce post Electricien Osny Electricien Osny

Bibliographie du Rapport de conjoncture de la section 38 - 30 juin 2007 11:45, par secrétaire de rédaction, revue d’archéologie

Un vrai gag, la défausse de Daniel Fabre sur l’incident technique qui aurait détruit les références bibliographiques du Rapport de conjoncture : nous devons donc croire qu’il n’existait qu’une seule version informatique de de document, dont l’auteur écrit qu’il a circulé pour commentaires auprès des membres de la section ? Que tous les ordinateurs qui disposaient de ce fichier ont subi une attaque de destruction massive ? Pour le moins curieux, cette justification par l’incident technique.

Plus d’un mois que le rapport a été mis en ligne sur le site (19 mai), que de nombreux commentaires réclament la bibliographie, et personne pour faire cette bibliographie ? Aucune collègue ingénieure (documentaliste, sciences sociales…) dans le laboratoire des auteurs principaux (André Mary et Daniel Fabre) à qui aurait pû être confié ce travail ? Encore plus curieux.

Vraiment, soit la section 38 est bien mal lotie, soit les auteurs font la preuve que fournir une bibliographe des références qu’ils citent est le cadet de leurs soucis.

Une question : est-ce l’usage dans votre curieux milieu d’évaluer, pour la publication dans une revue, des articles soumis sans bibliographie ? Par exemple, dans vos revues de références ou dans vos ouvrages collectifs (Daniel Fabre est éditeur de nombreux ouvrages collectifs ou numéros de revues) ? Ou pour l’attribution de mentions à des thèses ? Il serait intéressant d’avoir une réponse des responsables de publications en ethnologie à ce sujet.

En histoire, pour ne parler que des cette discipline, la plupart des chercheurs sont très attentifs à l’exactitude des références. Même si ils confient cette tâche aux secrétaires de rédaction, ou aux documentalistes, ils ne se permettraient pas de publier en ligne un texte sans références. Curieux comme les usages différent d’une discipline à l’autre !

Mais ne soyons pas pessimistes, Daniel Fabre a promis les références, ce document serait un jour complété. En attendant, ce document circule sur internet sans bibliographie (ici, et dans la Lettre de l’Apras en ligne), et fait une preuve brillante que pour les responsables de l’ethnologie, les références bibliographiques, n’est-ce-pas…

Comme déjà écrit dans un des commentaires, faut-il mettre ceci en rapport avec cela, à savoir la non-publication sur le site du Comité national du CNRS des critères d’évaluation ?

Rapport de conjoncture de la section 38 - 30 juin 2007 09:07, par asdiwal

Enfin, nous avons une réponse concernant cette absence de références dans ce rapport. Pourquoi ne pas l’avoir inscrit en entête ? Passons sur cette partie du débat avant d’avoir les références. Venons-en à l’autre registre de questions qui n’est pas abordé une fois de plus. A nouveau, il faut recadrer le débat et répéter des questions déjà posées. Il ne s’agit pas et il n’a pas été question ici, pour personne, jusqu’à preuve du contraire, de considérer ce rapport comme « un inventaire exhaustif” ou „un manifeste d’école” voire même „un vadémécum de la discipline”. La question est radicalement différente et derechef un des responsables de la section botte en touche.

Comment justifier l’occultation de tout un ensemble de travaux, tout un ensemble de réflexions ? Je ne comprends toujours pas, pour ne prendre que l’exemple le plus frappant, l’absence de toute référence à Balandier dans ce texte, et je pourrais allonger la liste des auteurs. Donc, à nouveau, j’aimerai qu’on m’explique pourquoi tous ces auteurs sont-ils volontairement occultés ? Pourquoi sont-ils sortis du rapport de conjoncture ? « ce texte tente de montrer que la discipline est vivante et créative. Il n’a pas d’autres prétentions. » Cette justification est largement fausse. Si le texte voulait montrer que La Discipline est vivante, alors il aurait parlé de La Discipline et non pas d’une partie de la discipline. Je suis d’accord sur le fait que les différentes directions de recherche mises en avant dans le texte sont très intéressantes et mériteraient de nombreux débats. D’autres sont des allusions ou on a l’impression que les auteurs restent anachronique (le secteur informel pour l’economie aujourd’hui ????). Cependant, d’autres travaux ne sont pas moins pertinents et prouvent aussi que la discipline est bien vivante. Pourquoi ne pas les intégrer ? N’y-a-t’il pas d’antagonisme dans notre discipline ? Peut-être qu’il faudrait commencer par la, par une reconnaissance de ces oppositions sur un plan scientifique afin qu’elles ne deviennent pas des problèmes de personnes polluant (par le clientélisme et autres) le fonctionnement de notre discipline ? On pourrait alors peut être rétablir un équilibre ?

En tout cas, merci pour les reponses donnees, le texte, et pour vous etre exposes a la critique... Mais ces questions restent en suspension depuis deja bien trop longtemps.

Rapport de conjoncture de la section 38 - 26 juin 2007 18:57, par DANIEL FABRE

Chaque commission du Comité National du CNRS rédige, depuis une quarantaine d’années, un « rapport de conjoncture » qui est le parangon de la littérature grise puisque, hormis ses rédacteurs et les instances supérieures du CNRS, ses lecteurs étaient, jusqu’à présent, très rares. Notre rapport de conjoncture 2006-2007 est sans doute le premier qui atteint un lectorat significatif et c’est tant mieux.

Deux mots sur les circonstances de sa rédaction. La direction du CNRS a soudain, pour des raisons louables de défense des disciplines, demandé deux rapports (conjoncture et prospective) au début de l’été dernier, c’est-à-dire au moment où il était impossible de réunir les collègues. Plusieurs commissions ont refusé l’exercice, le débat qui a traversé notre communauté il y a quelque temps nous incitait à prendre position sur la conjoncture, précisément. Nous avons donc, André Mary et moi-même, rédigé un premier jet afin de le proposer à la lecture critique d’une commission où cohabitent des sensibilités très différentes. J’ai intégré les réflexions et ce texte est donc, comme il est de règle, signé de l’ensemble des membres de la commission sous le chapeau de leur président.

Après plusieurs navettes, la bibliographie a été établie et accompagnera le document définitif. Un incident technique en a détruit une partie, il faut la reprendre. Les lecteurs du site des assises ont donc la primeur du texte auquel la bibliographie sera jointe. Charles Mac Donald a souhaité une mise en ligne immédiate et il a eu raison, autant alimenter le débat. Dès que j’aurai en main la bibliographie elle vous sera communiquée.

Ceci dit : un texte est un texte, il ne se réduit pas à ses références qui ne sauraient être ni un palmarès, ni un inventaire exhaustif ni un manifeste d’école encore moins un vademecum de la discipline. Il y a eu un débat récent où l’existence même de l’anthropologie me semblait en cause, ce texte tente de montrer que la discipline est vivante et créative. Il n’a pas d’autres prétentions.

Les commentaires que j’ai lus renvoient pour la plupart à tout autre chose : aux conditions de recrutement des chercheurs au CNRS pour lesquelles la commission 38 fait fonction de jury d’admission. Ce thème, très important, n’a rien à voir avec la réflexion sur l’état de la discipline qu’essaie de traduire, à sa façon, le rapport de conjoncture ! C’est un autre débat qui met en question plus des « procédures » que des « critères ». Et je suis sûr que les membres de la Commission 38 sont tout autant que moi insatisfaits des conditions de leur travail de jury. Ceci dit, je tiens à saluer l’investissement énorme de chacun des membres de la commission pour tenter de prendre une connaissance approfondie d’une quantité considérable de dossiers dont beaucoup sont de grande valeur. De toute façon, il semble que ce système vive ces derniers moments. J’espère que nous n’aurons pas à regretter bientôt ses imperfections.

Rapport de conjoncture de la section 38 - 21 juin 2007 08:55, par Autre

Pour info, guide de fonctionnement des commissions de spécialistes de l’enseignement supérieur (avril 2002, ministère de l’éducation nationale)...

Ne doivent en aucun cas prendre part à la séance de la commission au moment de l’examen des dossiers :

Les personnes dont la situation est examinée, ainsi que leurs parents ou alliés jusqu’au troisième degré inclus, ainsi que l’ancien conjoint d’un candidat. De ce fait, sont concernés par ces dispositions les membres de la commission qui se trouvent également être : Le candidat lui-même ; Le frère ou la sœur d’un candidat ; Le conjoint ou l’ancien conjoint du candidat (cela inclut les concubins, les personnes ayant souscrit un PACS, et toute situation de vie maritale notoire) ; Le père ou la mère, le fils ou la fille du candidat ; L’oncle ou la tante du candidat ; Le cousin germain du candidat ; Le beau-père, la belle-mère, le beau-frère ou la belle-sœur du candidat ; Tout membre d’une commission de spécialistes, s’il a manifesté ostensiblement, oralement ou par écrit, une animosité à l’égard du candidat ; Tout membre dont l’impartialité peut être mise en cause du fait de ses rapports avec le candidat.

références bibliographiques - 20 juin 2007 14:31, par pédant venimeux aigri anonyme

Selon le monsieur membre élu de de la section 38 du Comité national de la recherche scientifique, et président de l’Apras, oser demander qu’un texte soumis au débat collectif comporte ses références bibliographiques est irrecevable. La grosse artillerie est de sortie, et voilà les malheureux collègues qui demandent que les normes minimales de la publication scientifique soient respectées traités ironiquement de « pédants venimeux » et de « valeureux guerriers de la bibliographie ».

Bonne nouvelle pour ceux qui s’appliquent à donner les références de leurs sources et citations dans leurs écrits : en anthropologie et ethnologie, ce n’est désormais pas nécessaire de perdre son temps avec de telles imbécilités. Les grands évaluateurs de la section 38 (évaluations des laboratoires, des chercheurs, des promotions, des intégrations) en ont décidé ainsi. Avis pour les doctorants, faire une bibliographie est inutile : il suffit de mettre entre parenthèse un nom, une date, et c’est tout bon.

C’est moderne et novateur, c’est sans doute cela, la nouvelle science ?

Quant à demander la publication par la section 38 d’un minimum de critères d’évaluation objectifs, comme toutes les autres sections du Comité national l’ont fait, soit en publiant les critères fournis par le CNRS, soit en les complétant, amendant, expliquant, alors là, c’est un crime de lèse-majesté. Des critères ? Mais vous n’y pensez pas, comment osez-vous ? Vous savez bien que nous autres ethnologues, nous ne sommes pas comme les autres scientifiques dogmatiques, nous pouvons - que dis-je, nous devons- nous passer de critères, l’ethnologie/anthropologie est une petite entreprise familiale qui marche très bien, nous sommes tous d’accord sur la nécessité absolue de se passer de critères d’évaluation… Tous d’accord parmi les membres de la section 38 ? Qu’attend la direction du CNRS pour mettre un peu d’ordre dans ce fonctionnement maffieux, au lieu de le soutenir objectivement en entérinant les décisions de ce joyeux club de copains/copines qui n’en ont rien à faire de la déontologie scientifique ?

Quant à l’anonymat : c’est vraiment étonnant, n’est-ce pas, chères et chers responsables de la discipline, vu vos pratiques et le système « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », que ceux, de plus en plus nombreux, qui osent sortir du silence, ne vous communiquent pas leur identité !

Consternant

ethnologue pédant venimeux aigri anonyme et je rajoute aussi hargneux, irrespectueux, imbécile pas heureux, stalinien et passeïste

Rapport de conjoncture de la section 38 - 20 juin 2007 10:40, par Jeunes chercheurs en colère

Ce n’est pas seulement le petit nombre de postes de chercheurs ouverts au concours du CNRS qui désespère les jeunes docteurs en anthropologie et met sérieusement en question l’avenir de ces disciplines en France. Les conditions dans lesquelles ces postes sont attribués depuis quelques années sont aussi largement en cause.

Indubitablement, il n’est pas sain que des pratiques qui seraient, dans d’autres milieux professionnels, unanimement condamnées, deviennent la règle en matière de recrutement dans nos disciplines : que quelques labos parisiens, auxquels appartiennent ou sont liés DSA et membres de commission, soient ouvertement favorisés, au détriment des candidats et des labos de province en particulier ; qu’un DSA puisse flécher une allocation de post-doctorat de manière si précise que seule une de ses doctorantes peut y prétendre, sans que cette pratique, bien connue, ne soit remise en question ; que chaque année la règle du mérite scientifique paraisse contournée, lorsque chacun ne peut que peut constater les liens entre tel candidat(e) et tel membre de commission, que tel candidat n’a encore rien publié ou n’a pas réalisé ce qu’on devrait attendre pour un concours CR1, etc… Le discrédit affecte tous les recrutés, tous les membres de jury et finalement l’institution.

Il est certain que nous n’avons rien à y gagner. C’est pourquoi nous demandons au moins, dans un premier temps, que des exigences élémentaires soient respectées, pour garantir plus de transparence et d’équité :

En outre, des critères d’évaluation pourraient être publiés sur la page Internet de la commission 38, où ils sont jusqu’à aujourd’hui « non disponibles ».

Les évaluations des candidatures devraient pouvoir être communiquées aux candidats qui en font la demande.

Enfin, il semble aller de soi que des membres de commission ayant des liens de parenté, appartenant au même labo ou ayant dirigé la thèse d’un(e) candidat s’abstiennent de participer aux rapports et aux discussions les concernant. Cette pratique, courante en France, est proscrite dans le milieu universitaire d’autres pays.

Nous espérons que les Assises de l’ethnologie et de l’anthropologie en France seront le lieu d’un débat franc, sans interdit, pour une réelle refondation de nos disciplines. Un proverbe dit que le poisson pourrit par la tête, il est temps de réagir.

Jeunes chercheurs en colère

Rapport de conjoncture de la section 38 - 19 juin 2007 17:25, par asdiwal

Je dois avouer que j’ai été franchement surpris que ce monsieur nous offre une réponse. C’est déjà une volonté qu’il faut saluer. Tout le monde ne le ferait pas, mais cela n’empêche pas que nous sommes anthropologues et qu’en tant que tels nous devons débattre des luttes idéologiques et sociales internes a notre discipline, et ce non pas pour pratiquer l’auto-flagellation, mais pour avancer un peu sur le plan scientifique et politique. Vous avouerez, au passage, que « monsieur » fait quand même moins tache que « petit malin ». Mais le terme révèle qu’on a bien touché quelque chose d’important. On ne s’étonnera donc pas que cette réponse se présente comme un vif effort pour repousser dans le non-dit un certain nombre de questions. Toutes les objections ont été réunies dans un seul corps de phrases, les questions présentées comme des assertions, et ramenées dans l’idée d’une frustration générale ou d’une malséance latente. Cette réponse en forme de parade permet de donner l’impression que l’on avance en faisant du sur-place, de donner l’impression que l’on parle d’un débat tout en le refusant. C’est un effort pour empecher le retour du refoule. Je parle ici seulement et uniquement du premier paragraphe.

Je commencerai par un commentaire sur le premier paragraphe, le plus politicien comme une parade défensive. Celui qui devrait être analysé à l’aune des écrits de Schopenauer. Je pressens qu’on va encore se balancer des références à la figure.

Faisons donc dans la simplicité et dans la réitération limpide :

1- La critique morale qui consiste à dire « moi je ne parle pas sous l’anonymat », vous êtes des penseurs couchés (quelle extravagance ! quelle extrapolation abusive !) est la critique du dominant au dominé. Ce monsieur gagne à avancer sans anonymat et il peut se le permettre, les conséquences pour un doctorant ou un jeune docteur pourraient être parfaitement catastrophiques. D’ailleurs quand on est membre de la section 38, on peut se permettre de donner un texte sans référence, chose exceptionnelle.

2- La question n’est pas celle de la bonne ou de la mauvaise anthropologie. Posée ainsi elle nous conduit vers une impasse et elle déforme la question initiale. La question est de savoir pourquoi tant d’auteurs sont clairement occultés dans ce rapport qui, il faut le rappeler, reflète quelques a priori légitimes de la section 38. Pour une petite liste d’anthropologues occultés cf. mon premier message. Alors de deux choses l’une : soit on assume sa position et on indique clairement le manque de pertinence des auteurs concernés, soit on les intègre dans les orientations du recrutement. Toutefois, dans ce texte, ils sont clairement éludés et, comme je ne sous estime pas la qualité scientifique des membres de la commission, je dirai qu’ils sont volontairement éludés. Cela montre bien qu’il existe un paroissialisme latent derrière cette façade. D’ailleurs, vous remarquerez que l’auteur botte en touche sur cette question. La question est de savoir si l’on n’est pas en train d’amputer une partie des avancées épistémiques de notre discipline se résumerait-elle a l’envie « d’en découdre », au « depit » ? Allons, arrêtons les plaisanteries d’un gout douteux, l’enjeu mérite mieux que cela. Tout cela demande un véritable effort, un véritable pluralisme scientifique, et, pour être tout a fait sincère, je ne sais pas si les participants a ce forum seraient capables d’un tel effort. Mais ils ne sont pas membres du jury de la section 38 ! Donc oui, il y a encore des efforts à faire pour être républicain et cela ne concerne pas seulement la question 38.

3- Par contre, on peut vraiment saluer l’explication sur la sélection des candidats. Devenir bureaucrate ou garder une marge d’appréciation assez consistante afin de ne pas se tromper ? Il s’agit d’une grande responsabilité. Cependant, il existe des outils pour aller au-delà de ce dilemme. Pourquoi diable ne pas les utiliser systématiquement ? D’autant plus que les rapports permettraient aux candidats d’améliorer leur dossier dans l’optique de futurs concours.

4- Je ne vois pas comment on pourrait construire un objet hors du cadre de la mondialisation, sauf s’il s’agit d’un objet atemporel et donc sans pertinence anthropologique ? Cette assertion me laisse perplexe.

5- La surreprésentation du « religieux » dans la section 38 et dans le recrutement relève de l’état de fait, on n’en discutera pas. On l’assume. D’ailleurs c’est a ce point justifiable qu’on en appel a l’auto-denegation. Voila, encore une fois, une manifestation du paroissialisme régnant dans l’anthropologie française. Les travaux sur la religion sont extrêmement intéressants etc., ils ne sont cependant pas les seuls, et le recrutement de cette année laisse entrevoir un clair déséquilibre et la défense de son pré-carré, pas de l’anthropologie !

6- Si la section 38 est la propriété de l’APRAS alors on a un sérieux problème, car le fonctionnement de notre discipline qui n’est pas, je saisis la perche au passage, sans rappeler les sociétés segmentaires, on risque de tomber dans des choix politiques. La question ne concerne pas seulement l’auteur du texte, ni même l’APRAS mais toute l’anthropologie. Sur cette question encore une fois silence radio.

Enfin, comme je ne pensais que ce Monsieur nous repondrait et qu’il nous a repondu, j’ai l’impression naive que ce debat pourra peut etre avoir lieu. De toute facon on y est deja, l’enjeu est bien de poser les bases du debat.

anonymes aigris - 19 juin 2007 12:36, par Anonymes aigris

Les candidats écartés critiquent, mais c’est parce qu’ils sont écartés. Les candidats reçus, on ne voit pas de quoi ils se plaindraient. Et les enseignants nous détestent. Voilà, silence dans les rangs et place au « débat d’idées ». C’est quand, la perestroïka ?

Rapport de conjoncture de la section 38 - 19 juin 2007 11:18, par Charles Macdonald

Il est réjouissant de voir ce site s’animer. On sent le désir d’en découdre. On entend des cris de guerre. Des chevaliers masqués s’avancent. Mais qui sont-ils ces valeureux guerriers de la bibliographie ? Des candidats malheureux qu’inspire seul le dépit ? Des enseignants mus par la haine ordinaire dans l’université française ? Je n’en crois rien. Ce forum ne le mériterait pas. Nous n’avons pas de jeunes prématurément aigris ni de pédants venimeux n’est-ce pas ? Aucun franc-tireur planqué derrière son anonymat, pas de corbeau non plus. Formidable. Un petit malin a fini par trouver : si on s’intéressait aux idées ? Ah oui, tiens, on y arrive. Donc, quoi ? passéisme, APRAS (qui est l’organe de la section 32 ??!), « ce monsieur qui fait partie de la section 38 » ( mais qui ? mais qui ? mézigue ?), il faut relire Bourdieu, on n’est pas assez républicain, surreprésentation des spécialistes du religieux, quels critères d’intégration, membres du comité national tous pourris ? Tant de maux, au secours….

Parmi les sujets qui certes méritent débat il y a le problème des critères pour le recrutement, le fonctionnement du comité national (et du jury d’admissibilité), l’existence d’une « idéologie officielle » de la discipline, et pas mal d’autres pommes de discorde. Je propose d’en discuter sur plusieurs pistes, notamment la piste 1 qui conviendrait peut-être mieux au débat sur les critères de sélection et sur le fonctionnement du comité national et du CNRS. L’altérité (piste 4 sauf erreur) c’est aussi conseillé pour une vigoureuse et stimulante chamaille idéologique.

Pour notre piste 2, je m’en tiendrai à des remarques sur « au fond, c’est quoi l’ethno ? » et sur « qui dit que celui-ci ou celle-la est le (la) meilleur(e) ? »

A la première question bien sûr tout le monde a des réponses mais personne n’a de solution. Dans notre comité national (donc jury) de la section 38 je ne pense pas qu’il y ait un consensus absolu sur la « définition de l’ethno ». Est-ce mal ? Pas forcément, d’abord parce que cela respecte la diversité des points de vue et ensuite parce que cela permet de ne pas hiérarchiser abusivement des préférences qui restent assez subjectives. Personnellement je doute que définir une liste de critères soit avantageux pour personne. Cela dit, il existe sans doute un consensus sur des critères évidents (pour le CR2 on regarde de près son rapport de thèse, on cherche quelques publications pour le CR1) et dans tous les cas un projet de recherche (c’est l’exercice à mon avis le plus délicat) qui tient la route (sans être trop terre à terre) et ambitieux (sans être irréaliste). Mais aucun critère n’est absolu. Tel candidat a moins de publications, mais son projet paraît plus prometteur, tel autre a plus de connaissances mais sa méthode pêche par certains côtés, et cela à l’infini. Le terrain (c’est-à-dire l’investigation participante, l’immersion dans la situation, le contact direct avec les acteurs) reste un critère très important. Au final, les évaluateurs ne sont jamais sûrs d’avoir raison, d’avoir appliqué le bon critère, d’avoir émis le jugement juste. Je ne peux parler au nom de mes collègues de la section 38 mais je crois pouvoir dire que règne chez nous un doute critique sur nos critères. A mon avis c’est une attitude plutôt saine mais ça rend difficile la publication d’une liste officielle. Louis Dumont nous disait qu’en fait régnait un consensus sur ce qui était de la bonne ou de la mauvaise anthropologie, mais ne vaut-il pas mieux, parfois, ne pas tout réglementer d’avance ? Les gens ont des idées intéressantes ou banales, ils ont bien décrit, bien analysé, avec attention et précision, ou c’est flou, pas vraiment convaincant. Notre problème c’est que nous ne sommes pas dans des sciences expérimentales ni exactes. Il faut faire avec et malgré cela on arrive à se mettre plus ou moins d’accord. Ceci est un point de vue personnel. En tout cas ne venez pas nous dire que les candidats sont aussi démunis devant le jury d’admissibilité que le voyageur devant le sphinx. Ils ont tous passé plusieurs années à préparer, écrire et enfin défendre une thèse de doctorat devant des gens qui sont les mêmes que ceux qui siègent dans le jury du CNRS. Il faut bien dire que dans certains cas leur directeur de thèse aurait pu mieux les préparer à l’oral du concours, même si l’oral ne compte pas énormément.

Pour ce qui est des cadres théoriques de la recherche il y a actuellement, à mon avis, une surenchère sur la « construction de l’objet ». Cela se comprend très bien si on suit mon argument exposé dans l’article « inventaire et comparaison ». Les Tikopia ou les Nuer n’avaient nul besoin d’être « construits ». Ils étaient. Evans-Pritchard a construit la théorie de leur système segmentaire mais pas avant d’y être allé. L’abri de bus, comme Objet de l’Anthropologie, construit à grand renfort de sémiologie ou envisagé du point de vue de la mondialisation —non plutôt de la patrimonialisation, c’est beaucoup mieux !— l’abri de bus disais-je est un artefact urbain avant d’être un artefact universitaire. Son statut de mobilier de science est très différent de celui d’une population, d’un village, d’une communauté, d’une culture. On peut réfléchir à partir de là. Je n’en dirai pas plus. Dernier conseil de lecture : Bourdieu oui, mais aussi : Voltaire !

Rapport au format pdf - 16 juin 2007 13:52, par Vincent Battesti

Bonjour,
Je propose une version .pdf du rapport Rapport de conjoncture de la section 38.
En soulignant que c’est sans en modifier une ligne : n’y cherchez pas ce que vous n’avez pas trouvé dans le format .doc !

Rapport de conjoncture de la section 38 - 16 juin 2007 10:14, par asdiwal

Candidat malchanceux,

je suis entierement d’accord avec vous. J’ai procede de la sorte parce que je n’ai aucun espoir d’obtenir les references du texte. En termes d’opacite et de respect des canons scientifiques, c’est edififiant. Je fais avec ce que j’ai, et on peut deja avancer en observant ce qui est occulte dans le texte. En d’autres mots, quelle est l’anthropologie qui domine dans cette section ? Je vois d’ailleurs quelque chose d’assez revelateur dans le fait que cette lettre soit publiee par l’Apras. Apras = section 32 ? Si c’est le cas, il s’agit d’une patrimonialisation et d’une corruption structurelle.

D’autre part, il existe une relation entre ce texte et les selections. C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas les separer malgre les frustrations evidentes et legitimes que la pseudo selection peut engendrer.

Je pense que le texte est transparent ideologiquement, et qu’il faut le considerer comme tel, sans attendre les precisions bibliographiques qui n’arriveront jamais. Il vaut saisir la balle au vol plutot que d’attendre qu’elle repasse.

Je serai tres heureux de pouvoir lire vos reactions sur cette anthropologie partielle et partialle. C’est sur ce terrain qu’il faut imposer les termes du debat.

Rapport section 38 : références bibliographiques, svp - 15 juin 2007 19:50, par candidat malchanceux

Asdiwal (joli pseudo), je suis d’accord avec vous pour l’importance de discuter du contenu de ce rapport… Mais pour débattre du texte, ce serait quand même mieux d’en avoir une version complète, avec ses références bibliographiques.

Ce texte a aussi été publié dans la dernière lettre de l’Apras (n°42, été 2007) ; la Lettre est en ligne http://web.mae.u-paris10.fr/apras/.

mais sans les références bibliographiques complètes !

Les messages sur ce forum ont montré que je n’étais pas le seul à demander un document avec les références biblio… sans résultat. Que faire ? A qui demander le document complet ? au DSA ? au président de la section 38 ? au bureau de la 38 ? Qui doit demander ?

Les organisateurs des assises pourraient peut-être transmettre aux auteurs du rapport cette demande collective exprimée sur le site ?

Lien hypertexte: Lettre 42 APRAS
Fonctionnement de la 38 - 15 juin 2007 18:44, par ethnographions l’ethnologie

Pourquoi ne pas élargir le débat, et observer un peu comment cela se passent dans d’autres sections du comité national (département SHS) ? Les pratiques, en effet, différent beaucoup d’une section à l’autre. Pour ce qui est des « comptes-rendus » des sessions, certains sont mis en ligne (par exemple, par des membres élus syndicalistes, sur les sites syndicaux ou sur des sites personnels), et dans de nombreux laboratoires, ces CR sont transmis par les directeurs aux membres (y compris au x non-statutaires). Dans le cas de la section 38, les comptes-rendus ne sont pas disponibles en ligne - à mettre en relation avec la faible présence de syndicalistes parmi les membres de la section - l’Apras faisant fonction dans le cas de la 38 de pseudo-syndicat, aspect qui serait à questionner (par exemple, ici, dans la « piste » structures associatives). Dans le cas de la section 38, certains directeurs communiquent les compte-rendus aux membres de leur laboratoire, et d’autres ne le font pas, y compris pour des directeurs membres de la section. Il règle donc là-aussi une grande opacité, et la plupart des membres d’un laboratoire rattaché à la section 38 n’ont aucun moyen de savoir ce qui se passe au sein de leur section… sauf par rumeurs, ou copinage.

Ce serait vraiment un progrès que les membres de la 38 (par exemple les élus syndicaux) profitent de l’opération de transparence entreprise à l’occasion des assises de l’ethnologie pour mettre à disponibilité de tous les comptes-rendus.

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 juin 2007 10:05, par asdiwal

Le terme de dysfonctionnement est inapproprie, il vaut meiux parler de fonctionnement. Mais attention a ne pas eluder le fond du texte, ses impenses. C’est la aussi qu’il faut poser des questions. Pour une fois qu’on a une vraie transparence ideologique, il faut absolument la questionner

Rapport de conjoncture de la section 38 - 15 juin 2007 09:25, par Legrand Caroline

Puisque l’occasion est donnée, à travers ce forum, de pointer du doigt certains dysfonctionnements, voici une question.

Comment peut-on se présenter simultanément au concours de CR1 et CR2 dans une même discipline (en l’occurence, l’ethno). Cette question se corse lorsque l’on y integre celle des résultats, et la possibilité pour un tel candidat d’être au final mieux classé en CR1 qu’en CR2.

Autres colles sur : http://carolinelegrand2000.hautetfo...

Lien hypertexte: Colles
Rapport de conjoncture de la section 38 - 14 juin 2007 19:15, par asdiwal

1 - A voir les personnes citees, on se demande si on parle de l’anthropologie ou d’une anthropologie. On remarquera que feindre d’ignorer les autres est une pratique de delegitimation repandue dans la discipline, et chez les intellectuels en general, et qui meriterait de serieux questionnements. Ou est Balandier ? Ou sont les marxistes ? Auge ? Les africanistes ? Abeles ? L’ecole de Manchester ? et bien d’autres... Peut-on serieusement pretendre parler d’anthropologie aujourd’hui en faisant mine que tout cela n’existe pas ? Exit l’anthropologie politique ? Une partie du probleme ne viendrait-il pas de ce paroissialisme (a peine) latent.

2 - A la vue du texte, on se demande si finalement, il ne vaudrait pas mieux prendre acte de certaines caracteristiques de la periode actuelle : nous vivons dans des societes de consommation, d’une facon ou d’une autre capitaliste, societes ou les systemes politiques vivent dans une doctrine largement differente de celle de la souverainte. Or, on ne trouve pas grand chose sur les consequences de ces changements, sur la fin, pour ne dire que cela, du communisme. On a presque rien non plus sur le marche qui meriterait surement une problematisation serieuse. En tout cas un peu plus que 5 phrases Polanyiennes. A partir de la, il y aurait tout un ensemble de developpement a faire.

3 - En voyant la proportion d’objets tradionnels dans ce texte, je me demande si l’un des traits marquant de ces reflexions, ce n’est pas tout simplement un passeisme partielle mais pesant et non assume ?

4 - Il est absurde de raconter que le recrutement sur le « religieux » par la section 38 n’a pas un rapport avec la surepresentation des specialistes du religeux. C’est vraiment faire preuve d’une cecite sur sa propre pratique d’une part, et postuler que tous les jeunes docteurs en anthropologie sont naifs pour ne pas dire completement idiots, d’autre part. Dans ce cas, il ne reste plus que l’autodenegation.

5 - Personne ne se trompe de cible. Il est tres tres important de faire des professions de foi en ce qui concerne le clientelisme politique en Corse ou en Afrique, mais il faut parfois se regarder soi-meme, et a un autre niveau que celui du nombril. Ce monsieur fait partie de la section 38, et en tant que tel, et parce qu’il n’y a pas d’autres possiblites d’intervenir, chaque occasion est bonne a prendre pour demander un peu moins d’opacite. La question est elle-meme etroitement melee aux futurs recrutement qui n’auront peut etre pas lieu.

Decidement il y a encore des efforts a faire avant d’etre republicain

Section 38 : ne nous trompons pas de cible - 13 juin 2007 22:26, par Eliane Daphy

Cela fait vraiment plaisir de constater le démarrage des forums des Assises de l’ethnologie. Même si cela part un peu dans tous les sens, pas de quoi s’offusquer ou s’inquiéter, c’est là l’habitude dans les forums internet.
Evitons cependant de nous tromper de cible, chers contributeurs : je pense que c’est une erreur de critiquer dans ce forum Charles Macdonald, qui a pris la salutaire initiative de mettre en ligne ce rapport de la section 38 qui a mis le feu au lac.
Charles Macdonald a une position très critique sur le fonctionnement du comité national, vous pourrez le constater en prenant connaissance de son article « Sauver la recherche, réformer le comité national », publié en ligne sur le site SLR le 29 mars 2004, article 856
http://recherche-en-danger.apinc.or... en ligne

Il existe de nombreux dysfonctionnements dans notre discipline, autant dans la section 38, que dans la section 20 du CNU, que des les laboratoires de recherche, ou dans les revues ou les institutions qui distribuent les crédits.
Les assises sont un moment privilégié pour mettre à plat ces dysfonctionnements, et pour débattre collectivement et sereinement des moyens collectifs de régulation. Ce site est un bon outil pour échanger. Alors, méfions-nous collectivement de ne pas nous laisser aller à des messages trop agressifs, à des attaques personnelles, et essayons ensemble d’apprendre à dialoguer de façon critique et constructive.

A bientôt le plaisir de vous lire sur ce forum, chers contributeurs sous pseudos

ED pour plus d’infos

PS. Les contributeurs qui le souhaitent peuvent également préciser qui ils sont, et fournir un court CV et même une photo, en s’inscrivant comme rédacteur sur le site et en renseignant les informations… Le robot spip (notre logiciel) fournit alors un numéro d’auteur, qu’il suffit de rajouter après sa signature, avec le lien http://assisesethno.org/spip.php?auteur1

section 38, critères et critiques, débat avorté - 13 juin 2007 21:05, par Ethnologue au futur antérieur

Allo, allo, ici les Assises de l’ethno, les ethnologues parlent aux ethnologues, aujourd’hui, quelles réponses sur les critères d’intégration au Cnrs ?

Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

Aucun président de la 38 qui explique, aucune secrétaire de section qui s’exprime, aucun DSA qui prend la parole, aucun élu syndical qui sort du silence… Non, rien, rien de rien, silence sur le forum.

Allo, allo, Charles Macdonald, quelles nouvelles ?

Dans leur tour d’ivoire, bien protégés par un bataillon de hors-statuts tout dévoués à la solde des maîtres, montant la garde sous le contrôle sévère de vassaux qui attendent leur heure pour régner à leur tour, les rois du monde se partagent le gâteau. Pour qui, les crédits ? Pour qui, les postes ? Pour qui, les missions ? Pour qui, la place au conseil de rédaction ? C’est mon tour, c’est ton tour…

Ca se passe comme ça, chez les ethnologues. Seuls quelques imbéciles notoires pensent qu’il s’agit encore de produire des connaissances scientifiques et de recherche scientifique. Ce fut le cas, parait-il, jadis, dans un autre temps, celui du mythe fondateur.

Aujourd’hui, de quoi s’agit-il ?

A l’aide, Bourdieu, reviens !

Rapport de conjoncture de la section 38 - 13 juin 2007 17:56, par Chercheur

je trouve le silence au dernier message posté particulièrement éloquent...

Ce qui est décrit est exact, et ça ne choque personne ? Que par exemple un candidat, recruté cette année, a été classé l’an dernier en CR1 sans avoir un ouvrage publié ?

Mais pourquoi les spécialistes en sciences sociales sont ils toujours les derniers à voir (si ce n’est remettre en question) les normes sociales qu’ils valident et reproduisent ? C’est pathétique.

les critères de la section 38 : chiche, Monsieur Macdonald, parlons-en - 7 juin 2007 19:19, par ethnographions l’ethnologie aujourd’hui les critères de la 38

D’après mes observations ethnographiques, 100% recoupement d’informations disponibles librement en ligne sur Internet (Internet, c’est vraiment formidable, n’est-ce-pas ?), pour être classé premier sur le poste de chargé de recherche 2e classe, il fallait :

  • ne rien avoir mis en ligne comme renseignements, ni sur un site perso, ni sur un blog, ni sur le site des deux labos auxquels on est rattaché. Confirmé par le fait que les candidats provenant des mêmes laboratoires qui ont mis en ligne leurs informations n’ont même pas été classés
  • avoir fait sa thèse sous la direction d’un mandarin, dans un laboratoire dont la directrice est secrétaire de la section 38
  • être membre d’un laboratoire dont le directeur est membre de la section 38, et avoir présenté une communication au séminaire de ce laboratoire

Pour être classé intégrable en CR1, il faut :

  • avoir mis un minimum d’informations sur sa page web de son labo, et surtout pas avoir actualisé cette page
  • être membre du laboratoire de la présidente de l’école dont le président de la 38 est membre, dont le DSA - qui était avant secrétaire de la section- est membre, et dans lequel l’année dernière, une candidate avait intégré
  • avoir fait sa thèse avec la présidente en question
  • avoir été ATER dans l’école en question
  • avoir un bouquin tiré de sa thèse qui vient juste d’être publié aux éditions du Cnrs, dans une collection dont le nom du ou des responsables n’est pas indiqué sur le site de l’éditeur

Nous, candidats malheureux, même pas classés, attendons avec impatience que les membres de la section 38 nous indiquent d’autres critères qui auraient pu nous échapper.

L’année dernière, dans les critères, il y avait « porter comme nom marital celui d’un célèbre enseignant que ». Cela suffisait pour faire « sauter » les critères de définition d’un poste fléché.

Relire Bourdieu, peut-être ?

Section 38 : arrêtez de vous moquer du monde - 7 juin 2007 18:01, par un professeur d’université

C’est vraiment se moquer du monde de mettre en ligne un document sans la bibliographie des référence citées dans le texte, sans page de garde, sans date, sans nom d’auteur. Aucun site sérieux ne fait en 2007 ce genre d’erreur.

C’est absolument ahurissant qu’un directeur de recherche au CNRS, membre du Comité national, se permette de répondre que la raison en est que le document est un rapport, plutôt qu’un article scientifique. Prétendre que les rapports ne doivent pas fournir la bibliographie complète des références citées prouve soit une totale méconnaissance de ce qu’est un rapport (qu’il soit de recherche, pour un ministère, dans le cadre d’un appel d’offres, ou un rapport de conjoncture au Cnrs), soit une pratique de la production de rapport tout à fait laxiste.

Ecrire que l’on peut retrouver des références bibliographiques seulement avec le nom de l’auteur et la date est une fumisterie. C’est penser qu’un auteur n’écrit qu’un article par an…

Je suis universitaire ; je m’efforce d’apprendre à mes étudiants les normes de la publication scientifique. Que penser des responsables de ma discipline qui se permettent non seulement de ne pas respecter le minimum de normes (nom des auteurs, références bibliographiques), sinon qu’ils sont incompétents et déficients ? Ceux qui mettent en ligne ce genre de torchon, et ceux qui en sont responsables comme auteurs en donnant leur autorisation pour publier en ligne, sont indignes d’occuper des postes de responsabilité.

Rapport de conjoncture de la section 38 - 25 mai 2007 07:37, par Charles Macdonald

Cher Candidat Malchanceux, Merci de me remercier. Effectivement c’est moi qui ai mis ce texte en ligne. Il s’agit d’un rapport rédigé par les membres de la section 38 du CNRS au cours de l’année 2006, rendu public en 2007. Comme tout texte collectif il a eu un ou deux rédacteurs principaux, en l’occurrence Daniel Fabre, Président de la commission, et André Mary, Secrétaire Scientifique (maintenant DSA). Les autres membres de la section ont relu, commenté et fait des propositions qui ont été intégrées en partie au moins dans la version finale. Il s’agit d’un rapport, je te le signale, et non d’un article scientifique. C’est sans doute la raison pour laquelle ce texte nous a été distribué sans bibliographie à la fin du texte. Mais tu as raison de signaler cette lacune (les noms et les dates permettent cependant de retrouver les références citées). Le texte complet est inclus dans le document ataché. Dernier point : ce texte propose une estimation sur la situation actuelle de l’anthopologie et son évolution, dans ses rapports notamment à d’autres disciplines (thème de la piste 2). Il ne se prononce pas sur la nature de la bonne ou de la mauvaise anthropologie, encore moins de la bonne ou mauvaise candidature au CNRS. Les critères d’évaluation, c’est une tout autre question. Mais on peut en parler. Cordialement, Charles Macdonald

Rapport de conjoncture de la section 38 - 24 mai 2007 12:19, par Candidat malchanceux au concours CNRS (CR1 - 2007) - l’anonymat s’impose :)

Merci beaucoup à l’anonyme qui a mis en ligne ce mystérieux document, incomplet, non daté, non signé, publié dans la piste coordonnée par Charles Macdonald (directeur de recherche au Cnrs, membre de la section 38 du comité national du Cnrs) et Sophie Houdart (chargée de recherche au Cnrs).

Serait-il trop demander aux responsables des Assises que soit précisé le statut de ce document ? sa date de rédaction ? ses auteurs ? les références bibliographiques citées dans ce texte ?

Ce rapport de conjoncture de la section 38 est en soi un élément de réponse aux questions que se posent les candidats aux concours Cnrs sur les critères d’évaluation de la section 38… qui n’ont pas été rendu public. La qualité scientifique d’une publication ne semble pas en faire partie !


Cet article a été lu 85554 fois.