L’anthropologie politique et l’engagement:de l’observation à l’action (journée doctorale du LAIOS) 15 juin 2007

Journée doctorale du LAIOS Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et Organisations Sociales

Vendredi 15 juin de 10h à 17h

Maison des Initiatives Etudiantes 50 rue des Tournelles – 75 003 PARIS Salle des conférences au 1er étage (après la porte cochère, 1re porte à gauche, 1er étage)

La journée doctorale se déroulera en coopération avec l’association Farandole

La journée sera présidée par Birgit Müller et se divisera comme suit (chaque intervention durera une trentaine de minutes et sera suivie d’une discussion de 20 à 30 minutes) :

10h : Ouverture la journée par Marc Abélès (LAIOS – EHESS)

1re session : 10h30 – 13h

Discutants : Catherine Neveu (LAIOS – EHESS), Michel Agier (CEAF – EHESS) Intervenants :

10h30 : Seung-Yeon KIM, « Les mouvements de chômeurs en France et les intellectuels »

11h20 : Tobias GIRARD, « Ambiguïtés de l’engagement » (ethnographie à Fos-Sur-Mer)

12h10 : Ide BLERIOT, « Un terrain peut-il être un échec ? » (ethnographie à Haïti)

13h : pause déjeuner

2e session : 14h-17h

Discutants : Irène Bellier (LAIOS – EHESS), Didier Fassin (CRESP – EHESS) Intervenants :

14h : Sabrina MELENOTTE, « Comment mener une ethnographie au Chiapas ? »

14h50 : Sarah CARTON DE GRAMMONT, « De l’emberlificotement à l’engagement : dénouer les touillons du terrain et du genre de la thèse pour tisser les fils de l’écriture. S’engager dans la description d’un quartier de Moscou aujourd’hui, c’est faire quoi, et pour quoi faire ? »

15h40 : Horacio ORTIZ, « Une anthropologie de la finance comme anthropologie politique : description et engagement »

Fin de journée : discussion

Pour toute information concernant l’organisation, veuillez contacter Sabrina Melenotte : sabrinamelenotte@yahoo.fr

Résumée :

Dans le cadre de leurs travaux respectifs en anthropologie politique, les doctorants du Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et Organisations Sociales (LAIOS –EHESS) souhaitent vous faire part de leurs réflexions autour du thème de l’anthropologie politique et l’engagement : de l’observation à l’action.

L’immersion sur son « terrain » interroge l’anthropologue dans sa relation à l’autre. Les possibilités d’appréhension de chaque terrain sont multiples : on peut supposer qu’en terrain nouveau et éloigné (une administration, une institution, un pays ou un groupe étranger au sien), il y sera plus facile d’arriver à conserver un regard extérieur et distancié, voire même adverse pour les terrains qui n’attirent pas a priori la sympathie de l’anthropologue ; au contraire, un terrain où un lien personnel, affectif ou idéologique, motive le choix du terrain, la question de l’engagement sur son terrain se pose directement. Cependant, outre le motif initial du choix du terrain, le temps établit incontestablement des relations affectives, positives ou négatives, qui pourront modifier, radicalement ou non, notre place avec nos interlocuteurs. Dès lors, tous les angles d’approche, aussi différents soient-ils les uns des autres, résultent sur une série de questions communes.

Quel est le statut du chercheur sur le terrain ? Comment sommes-nous perçus par ceux que nous rencontrons et quel rôle acquérons-nous pour nos interlocuteurs ? Qu’impliquent les méthodes d’« observation participante » et d’immersion concrètement en situation ? Et, à un niveau d’engagement politique, où se trouve la frontière entre des convictions politiques personnelles et le travail académique qui demande, si ce n’est une objectivité, du moins un regard critique sur son « objet » d’étude ? Que l’engagement soit perçu comme une forme d’interaction sociale fondamentale, comme le point de départ d’un contrat social et éthique avec les personnes observées, ou encore comme un engagement politique, la position et la participation de l’anthropologue sont souvent plus floues qu’il n’y paraît, mouvantes et bancales, tant et si bien que les relations qui se tissent peuvent être à l’origine de difficultés et d’inquiétudes souvent déstabilisantes.

Ces degrés d’engagement s’articulent également à la question de l’action et celle de la temporalité. Comment rendre compte de ce qui est en train de se faire et de se construire sur le terrain ? Comment parler et écrire sur un terrain en devenir, dont on ne connaît pas l’aboutissement clair ? Par exemple, où doit se situer l’anthropologue quand le terrain l’incite à prendre position, voire même à agir ? Où doit-il se situer quand l’action a lieu, par exemple pendant une manifestation, une scène de ménage qui éclate lors d’un entretien, ou encore lorsqu’on prend parti ou qu’on est involontairement pris à parti en public ? Comment aller et venir sur le terrain entre des personnes parfois rivales ou ennemies ? Comment rendre compte des tensions, des conflits, où nous sommes souvent mêlés sans compromettre nos interlocuteurs ? Quelle forme d’engagement affectif, éthique, ou politique pourrait nous aider à les protéger ? S’engager, c’est aussi prendre le risque de se tromper, de faire des erreurs. Qui en supporte les conséquences sur le terrain ?

Puis, au moment de l’écriture, jusqu’où peut-on aller ? Jusqu’où peut-on dévoiler les confidences de nos interlocuteurs sans les mettre en danger ou trahir leur confiance ? Comment adopter le ton juste pour rendre compte de leur idées sans prétendre devenir leur porte-parole, ni leur marionnette, ni, à l’inverse, leur détraqueur ? Quel est ce « regard critique » qu’exige toute « science sociale » ?

Merci de diffuser largement l’invitation.

Posté le 25 mai 2007