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Bravo à Alexandre pour son courage, et merci

Bonjour Alexandre

Merci pour vos courageuses excuses ; je pense que Birgit les acceptera volontiers.

Vous êtes tout pardonné, et nous sommes sur ce site parfaitement capables de comprendre combien la précarité est usante et pertubante, soit pour directement la vivre ou l’avoir vécue parfois pendant de longues années (comme c’est mon cas, plus de 20 ans…), soit pour être en bons ethnologues statutaires capables de comprendre le point de vue et les réactions de gens qui vivent dans des conditions matérielles différentes des nôtres.

Par contre, il me semble inutile de supprimer votre message (en réalité, les trois, les deux vôtres, et le mien) : nous avons choisi sur ce site une politique de libre expression dans les forums, et cet échange peut servir d’exemple pour montrer que nous sommes, nous autres ethnologues, des humains capables d’erreurs, et aussi capables de les reconnaitre. Et que la régulation et la modération dans les échanges peuvent être prises en charge collectivement.

Pour ce qui est de votre question sur « l’expression des représentants officiels » (je préfèrerai le terme de statutaires à celui d’officiel que vous employez), je ne pense pas qu’il s’agit pour les collègues de « pouvoir s’exprimer », mais de choisir ou non de le faire sur ce qu’ils considèrent comme des questions « politiques ». Certains ethnologues ont choisi de s’exprimer (je pense par exemple à Emmanuel Terray), d’autres de ne pas le faire. Cette question de l’engagement de l’ethnologue n’est pas nouvelle, d’une part, et elle dépasse largement notre petite discipline, d’autre part.

Les rapports entre science et politique sont inscrits dans le mode de production même de la science, et continueront à se poser. C’est certes trivial d’écrire cela, mais cela fait partie de notre condition de scientifique.

A bientôt le plaisir de lire de nouveaux textes de vous

Eliane Daphy

Posté le 16 juillet 2007 par Eliane Daphy
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Résumé du débat pendant la séance du 15 mai 2007

Bonjour Eliane, Et merci de votre clémence. Mon message précédent, est je le reconnaît, bien trop agressif pour faire avancer le débat, et ce serait une bonne chose que de le retirer. Je m’excuse bien volontiers auprès de ceux que j’ai pu blesser (personne ne mérite de supporter un tel excès de rage) . A ma décharge, la précarité, ça use, et la situation est vraiment rageante.

A quoi sert l’ethnologie (telle était ma réflexion naïve et à chaud), si ses représentants officiels ne peuvent s’exprimer ?

Mais surtout, et pour rejoindre mon premier « coup de gueule », a quoi bon continuer à former des jeunes dans ces conditions.

Si un débat éthique doit avoir lieu, il doit aussi s’interroger sur la pratique de l’enseignement, mais apparemment, mon point de vue avait déjà été entendu.

Posté le 16 juillet 2007 par Alexandre Bonche
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réponse à Alexandre : appel à la modération

Cher Alexandre Bonche

Eh ben dis-donc ! Quelle belle crise de colère ! Après avoir contribué avec efficacité à ouvrir de nouvelles pistes avec votre article « propositions pour améliorer la situation des docteurs en anthropologie » http://assisesethno.org/spip.php?ar... voilà-t-y pas que vous nous postez un message rageur, dénigrant les questionnements des collègues, et jetant le bébé avec l’eau du bain.

Je comprends votre grogne, les questionnements en question vous paraissant sans doute en complet décalage avec la situation dramatique de la majorité des jeunes ethnologues (et des moins jeunes) sur laquelle vous avez légitimement attiré l’attention, mais avec ce genre de post, vous participez à « pourrir l’ambiance des forums », et de façon objective quoique non volontaire, à la mise en péril de la tentative de débats ouverts que propose les Assises. Ce mode d’échange ne rencontre pas —et c’est un euphémisme- l’adhésion de tous les collègues, on peut en prendre pour preuve la réaction récente de Daniel Fabre qui a tiré sa révérence, ou celle, plus ancienne, de Charles Macdonald répondant par l’ironie et l’insulte à ceux qui réclamaient (sur tous les tons, dont certains un peu « vifs », il faut le reconnaître… ) que le Rapport de la 38 fournisse les références biblios manquantes (que d’ailleurs, nous attendons toujours… patience, patience ?), et qui depuis s’est abstenu de participer aux forums. Nous devons absolument essayer de maintenir collectivement une tonalité cordiale dans nos débats (ce qui n’empêche pas la critique…) pour éviter que l’agressivité et l’insulte ne servent ensuite d’arguments aux opposants pour fermer les forums libres…

Sans même évoquer l’auto-décribilisation de vos précédentes interventions, puisque vous n’avez même pas utilisé de pseudo pour balancer votre rage !

Je vous suggère de faire un petit effort, et pour corriger la maladresse de votre intervention (aucun de nous n’est à l’abri d’un éventuel dérapage…), de poster un nouveau message, essayant d’expliquer avec des arguments pourquoi et en quoi la teneur de l’article qui suscita votre rage vous semble critiquable.

Bien amicalement, et avec tous nos remerciements pour votre participation aux Assises de l’ethnologie

Eliane Daphy

Posté le 16 juillet 2007 par Eliane Daphy
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Recherche sur commande : ethnologues pas tous égaux

Une petite précision : la situation de l’ethnologue (doctorant, post-doctorant, précaire ou statutaire) n’est pas neutre dans les rapports avec les commanditaires, et dans les mécanismes de censure qu’il peut mettre en place. Un statutaire peut se permettre de s’opposer aux demandes de son commanditaire, il risquera tout au plus de perdre un contrat (et donc des revenus supplémentaires). Pour un précaire, c’est beaucoup plus difficile de s’opposer à des demandes (qu’il estime abusives) et de résister, car il perdra son contrat, ses revenus, ses droits aux indemnités Assedics. Et risque ainsi de ne plus trouver de contrats. La précarisation des chercheurs est un bon moyen de trouver une main d’œuvre servile, et peu critique. Nécessité fait loi.

Eliane Daphy

Posté le 15 juillet 2007 par Eliane Daphy
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Cahiers de doléances : qui sont ces docteurs en anthropologie ?

Répponse à Caroline (ma réponse pourrait être aussi dans la rubrique « ethnographions nous ») :

A départ de mon investissement dans le comité de préparation de ces Assises, je pensais qu’il serait important d’avoir - enfin - des données « objectives » sur la profession (au sens large évidemment, pas seulement les gens qui sont en poste !). Cela permettrait de se plaindre en connaissance de cause et de ne pas répéter simplement comme un mantra, « il y a moins de postes à l’université que les années passées », mais sans rien mettre de concret à côté.

Le séminaire sur l’enseignement de l’anthropologie n’a pas été spécialement facile à organiser et il n’a pas donné lieu à une dynamique, comme je l’espérais, aussi parce que je ne voulais (veux) pas être la « super organisatrice » de l’affaire...

En bref, je pense toujours qu’il serait extrêment important d’avoir des données concrètes sur les diplômés en anthropologie et leurs « destins », pour pouvoir réfléchir en connaissance de cause. Alors si un groupe de personnes est prête à s’y atteler avec moi, je suis partante.

Pour répondre concrètement à Caroline, je pense qu’il faudrait, avant de faire un site, constituer des cohortes de docteurs, sur la base des listes des postulants au CNU et à la commission 38 (ou même sur la base du fichier des thèses) et contacter les personnes pour voir où elles s’en sont dans leur carrière.

Ma proposition est ouverte et on peut se mettre au travail dès septembre...

Posté le 15 juillet 2007 par Sophie Chevalier
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Résumé du débat pendant la séance du 15 mai 2007

Chers Collègues... (...)

[ Edit 16 juillet 2007 - 19:00 - webmestre :

Commentaire exceptionnellement effacé à la demande par e-mail de son auteur (Alexandre Bonche) le 16 juillet 2007]

Posté le 14 juillet 2007 par Alexandre Bonche
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Ethnographions nous...

Merci Alexandre de dire (et d’écrire) ce que d’autres pensent tout bas. Je me bats encore « comme un diable dans l’eau bénite » contre ce mythe en me répétant : ça ne peut pas s’arrêter ainsi... 12 ans d’investissement en anthropologie et avec succès... Force est de constater l’échec de ce système qui, bien qu’il forme la pensée de façon positive (je le « crois » encore), profite aussi des idéaux de la jeunesse. On ne peut aider à relever les « autres » quand on n’est pas encore debout soi-même. Et c’est un entrepreneur comorien qui me disait cela à Madagascar. Pour notre survie, il nous faudra intégrer les rangs pour les ouvrir de l’intérieur. L’anthropologie et l’ethnologie constitueraient ainsi des formations complémentaires. Et si vous coyez qu’en Amérique c’est bien différent, détrompez-vous... là aussi il y a un mythe à abolir.

Hélène Giguère

Posté le 14 juillet 2007 par Hélène Giguère
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Ethnographions nous...

La pratique de l’ethnologie, en tant qu’anthropologie sociale et culturelle (« à l’anglaise... » ?), construit une méthode de pensée, relativiste, certes (beaucoup s’arrêteront là), mais surtout elle tend à développer (en conditions idéales) une aptitude à mettre en perspective et explorer à l’aide de techniques d’observation scientifique des rapports interhumains complexes jusque-là laissés à la bonne volonté, à l’arbitraire, de chaque personne. Il s’agit d’une attitude toujours nouvelle qui allie une réflexion sur soi d’ordre éthique (ie critique de tout ethnocentrisme, décentration), avec la pratique d’une sociologie des moeurs (idem Morale au sens de Kant) devant s’appliquer d’abord à soi, avant que les autres ne soient invités à se l’appliquer à eux-mêmes (ce qu’ils ne feront que si notre parcours aura été probant, qui nous aura ainsi rapproché d’eux...). Il est curieux et éloquent que les sociétés occidentales aient développé cette forme de science... Son rôle est resté de fournir aux stratèges des renseignements utiles sur des populations qu’ils cherchent à contrôler, à gouverner... les ethno en poste ne se sont pas toujours aperçus de cet usage de leur discipline, ou bien ils n’ont pas toujours pu en parler (autocensure). La sociologie et l’ethnologie ne paraissent donc jamais neutres. Ce débat (Roger Bastide avait correctement posé ses bases, mais aussi Caillois, Leiris, Bataille...) dépasse et conditionne celui que vous essayez de lancer, non sans crainte de recevoir diverses critiques (elles se sont exprimées en partie) pour avoir voulu briser le mur du silence. Bon courage, Gabriel Preiss

Posté le 14 juillet 2007 par Gabriel Preiss
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