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Cahiers de doléances : propositions pour améliorer la situation des docteurs en anthropologie

Je suis (évidement) d’accord avec vous Yannick.

Nous sommes beaucoup trop nombreux dans notre discipline au regard des débouchés. Mais je crois que la limitation du nombre d’étudiants doit se faire dès le master...

Et pour ceux qui considère normal de financer une partie de la « recherche » en comptant sur le nombre d’inscrits, je les invite à réfléchir à d’autres solutions.

Ce genre de choix n’est pas envisageable pour une bonne image de l’université aux yeux du public, d’autant à l’heure ou l’université est sur la sellette, et son aura passablement dégradé.

Posté le 13 juillet 2007 par Alexandre Bonche
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Cahiers de doléances : propositions pour améliorer la situation des docteurs en anthropologie

Techniquement, serait-il possible de créer un lien vers une base de données qui permettrait le recensement de tous les docteurs et chercheurs hors statut.

Posté le 13 juillet 2007 par Caroline
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Cahiers de doléances : propositions pour améliorer la situation des docteurs en anthropologie

Suite au texte de Yannick Fer, auquel je souscris, il me semble que certaines caractéristiques « structurelles » de la discipline ont freiné la réflexion sur des débouchés professionnels autres que l’enseignement et la recherche statutaires dans des organismes d’Etat (à remarquer, qu’il n’y a pas beaucoup de pays où les statutaires d’une discipline sont tous des fonctionnaires de l’Etat !).

Tout d’abord, les anthropologues sont plus nombreux dans les organismes de recherche qu’à l’université ; et les enseignants-chercheurs à l’université n’enseignent pas pour la plupart dans des départements d’anthropologie (sociologie, STAPS, IUT, etc.). En conséquence, les réflexions collectives se sont généralement plutôt orientées sur les conditions de recherche que sur celles de l’enseignement et des étudiants en anthropologie...

Ainsi contrairement aux sociologues, comme cela a été souligné lors de la table-ronde sur l’enseignement, mais aussi par des intervenants sur ce site, nous n’avons même pas des statistiques sur les candidats au CNU section 20 (âge, provenance des thèses, genre, etc.). Quant au suivi de cohortes de doctorants sur le moyen/long terme, je n’en connais pas.

Bref, dans ce domaine, tout ou presque reste à faire. Et j’espère que les Assises seront l’occasion d’ouvrir quelques « chantiers » dans ces domaines !

Posté le 13 juillet 2007 par Sophie Chevalier
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Pour le rapprochement de l’AFA et de l’APRAS

Moi, je suis d’accord pour tourner la page, mais je voudrais lire ces pages auparavant.

Merci d’en dire plus sur cette séparation, le pourquoi au moins.

Posté le 13 juillet 2007 par asdiwal
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Au sujet des concours…

Je souhaiterai revenir un instant sur le cas anglais évoqué par Véronique, à travers une expérience personnelle.

J’ai récemment été auditionnée pour un poste de Research Fellow, et cela faisait bien longtemps que je n’avais pris autant de joie à me rendre à un entretien. D’autant plus, qu’à mon arrivée, les membres du jury (4 chercheurs plus 1 administratif) se sont tous levés, un par un, pour se présenter et me saluer. Les auditions CNRS et celles qui ont lieu dans les facs m’avaient habituées à de bien moindres considérations et j’avoue avoir été agréablement surprise par cet élan de courtoisie.

Le respect à l’égard duquel les candidats ont été traités, était tout aussi manifeste. Chaque membre du jury avait du s’acquitter d’une tâche bien particulière, à savoir l’évaluation de chaque dossier en fonction de critères objectifs précis. Ces critères rendus publics sur demande, étaient les suivants :
-  1) nombre de bourses obtenues par le candidat et sa capacité à financer sa propre recherche.
-  2) Type et contenu des travaux effectués par le candidat. En gros, il s’agissait de mesurer ici le dynamisme des candidats auditionnés, à travers leurs participations à des colloques, des séminaires, de voir aussi leur capacité à entrer dans de nouveaux réseaux de connaissance, et d’évaluer enfin la qualité de leurs écrits sur la base des articles joints à l’acte de candidature.
-  3) Le candidat et ses activités d’enseignement. Quel cours a-t-il dispensé dans le passé, au sein de quelles structures, et quels sont ceux qu’il propose dans le cadre d’un éventuel recrutement ;
-  4) Le candidat a-t-il déjà supervisé des thèses, coordonné des projets collectifs et réuni des fonds pour faire avancer des équipes.

Ces modes de fonctionnement et d’évaluation serait-il transposable en France ?

Pour ce qui est de l’entrée en audition et toute la phase de présentation qui s’en suit, cela serait une très bonne idée. D’aucuns peuvent penser que cela sera difficilement adaptable au CNRS en raison du très grand nombre de candidats auditionnés. Nous rétorquons alors, pourquoi ne pas rallonger les périodes d’audition. La socio auditionne sur une semaine. Pourquoi pas l’ethno ? D’ailleurs 10 min d’intervention, c’est quelque peu absurde pour défendre un projet professionnel et un emploi à vie.

Pour ce qui est des critères d’évaluation. De manière générale, là aussi les idées sont bonnes. Au moins, lorsqu’on n’est pas pris (comme cela a été mon cas) on sait que les personnes recrutées ont forcement plus d’expérience à leurs actifs. Pas comme au CNRS où des personnes sans articles (ou avec très peu d’articles), des personnes parfois même tout juste sorties de thèses se retrouvent classées.

Pour ce qui est d’évaluer les expériences d’enseignement, la chose est étrange. La fac recrute des personnes qui vont former des étudiants, les initier à l’anthropologie par l’intermédiaire d’une pluralité de cours. Or jamais, il n’est demandé aux candidats d’envoyer leurs projets de cours dans le cadre d’un recrutement. De même en audition, la question n’est pas systématiquement posée. Pourquoi ne pas instaurer ces modalités ?

Enfin, la question de la supervision est celle qui m’a laissée le plus pantois. En GB, un docteur peut diriger des thèses. L’HDR n’existe pas. De sorte qu’un candidat français peut difficilement faire valoir son expérimentation en la matière, et jouer à armes égales avec les autres candidats auditionnés, issus de pays anglo-saxons. Ne pourrait-on pas instituer un système de tutorat pour les docteurs français ? Non seulement cette mesure les rendraient compétitifs à l’échelle internationale, mais elles les transformeraient aussi en une aide particulièrement précieuse pour des Professeurs qui, parce qu’ils parcourent le monde de colloques en colloques, n’ont pas toujours le temps de suivre leurs thésards.

Posté le 13 juillet 2007 par Caroline
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Au sujet de la section 38 du CNRS…

Je pense qu’il est effectivement temps que le milieu de l’ethnologie et des sciences sociales, de manière générale, en France, fasse ce travail de distanciation nécessaire vis-à-vis de ses pratiques et fonctionnements institutionnels. Bien que française et ayant effectué mes études en France, je considère qu’il ne m’appartient pas de l’entreprendre puisque je suis à l’étranger. Toutefois j’aimerais dire combien l’expérience du milieu de la recherche outre-Manche permet en retour de voir certains traits du système français.

D’abord, pour ce qui est de l’université, les enseignants sont assez réticents à recruter qqn qui vient de finir son doctorat ou son post-doc dans leur établissement : l’enrichissement par la diversité des expériences de chacun, l’apport de sang neuf, sont privilégiés. On aime pas non plus le « préférentialisme » : pour des raisons déontologiques, un professeur se retirerait du panel de sélection des candidats s’il s’avère que l’un d’eux est un de ses anciens étudiants ou l’un de ses proches. L’idée d’utiliser ce genre d’opportunité pour influencer le recrutement est peu envisageable.

En ce qui concerne la recherche, si nous prenons pour exemple le Conseil de Recherches Economiques et Sociales britannique (ESRC) pour le comparer, disons à la section sciences humaines du CNRS ou à la commission 38 (en GB il y a 8 conseils de recherche scientifique selon les disciplines), là aussi les différences sont flagrantes. Il n’y a pas d’emploi à vie mais des possibilités de proposer des projets de recherche, seul ou en équipe, comme jeune post-doc ou chercher expérimenté. Ces projets pour 2, 3 ou 5 ans permettent pour les enseignants d’arrêter pendant un temps leurs cours pour faire de la recherche uniquement, ou à d’autres de s’investir dans des projets à moyen terme, de publier, tout en continuant d’élargir et approfondir leurs compétences et leur expérience. Ces projets quand ils sont déposés sont évalués par des « referees » que le candidat ne connaît pas (ils sont choisis par l’ESRC qui ne tient pas au courant le candidat des noms de decu-ci, et il est spécifié que toute tentative de contact avec ceux-ci éliminerait le candidat d’office), puis par des membres de l’ESRC même, chercheurs travaillant pour et dans l’intérêt du conseil de recherche .

Le but de l’ESRC est d’être compétitif vis-à-vis des recherches menées ailleurs dans le monde, notamment aux EU ; de la même manière, les universités britannique étant assez autonomes et majoritairement financées par des fonds privées, cherchent à être les plus attractives possibles. Chercheurs et enseignants sont donc recrutés en fonction de leur expérience acquise, de leur contribution potentielle à un département ou à la recherche, et non en fonction de système de cooptation ou de « renvois » d’ascenseur ». Ceci conduit à un système plus méritocratique, mais je crois aussi que c’est une question de « culture » académique qui, souvent en France, favorise bien plus une certaine distribution du pouvoir (où les origines sociales des enseignants-chercheurs ne sont pas toujours sans influence) que l’excellence. Aussi, ce ne sont pas seulement les modalités structurelles, organisationnelles, qu’il faut repenser, mais également des modes de pensées et de faire qui ne servent pas l’avancement de la connaissance.

Certains seront tentés de répondre par une critique des travers et difficultés spécifiques que l’on peut rencontrer outre-Manche, ou par des exceptions à ce tableau rapide et général. Mais cela ne suffira pas pour balayer l’existence de vrais problèmes d’éthiques professionnelles que l’on constate dans le milieu des sciences humaines françaises.

Véronique Altglas, research Fellow, Faculty of Social and Political Sciences, University of Cambridge, va242@cam.ac.uk

Posté le 13 juillet 2007 par Véronique Altglas
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Au sujet de la section 38 du CNRS…

La section 38 n’a pas publié ses critères, mais toutes les autres sections du comité national, y compris les « commissions interdisciplinaires » l’ont fait, y compris pour le mandat 2000-2004.

Cette absence de critères a provoqué beaucoup de réactions dans les forums, certaines très agressives (ce qui se comprend, puisque les messages n’obtiennent aucune réponse).

Je propose un petit exercice collectif de comparaisons des critères proposés par les autres sections, afin de rédiger un texte collectif exposant les « critères d’évaluation » qui nous sembleraient pouvoir améliorer le fonctionnement de notre discipline. Il ne s’agit pas d’être naïf sur les conséquences de ce travail collectif, qui n’aura sans doute pas plus d’efficacité que l’important travail réalisé dans le cadre des Etats-Généraux de la recherche (nous y avons gagné une loi rétrograde, l’ANR, et l’AERES…), mais au moins, plutôt que d’exprimer chacun dans notre petit coin notre colère et notre désespoir, nous ferions la preuve collective que nous sommes capables de faire autre chose que de nous lamenter ou de gueuler. Nous pourrions d’ailleurs reprendre en partie les propositions faites par les Etats-Généraux de la recherche, où ces questions d’évaluation et de critères avaient été beaucoup travaillées.

Merci à ceux que la proposition intéresse de se faire connaitre (le pseudo est bien sûr possible, à condition qu’il s’accompagne d’une adresse mail valide où les volontaires pourront être contactés).

Afin de pouvoir travailler collectivement de façon confortable, nous pourrions envisager de travailler avec un système wikki (je sais ouvrir un wikki dans un serveur dédié, mais je ne sais s’il est possible de le faire directement sur le site des Assises). Merci à Vincent de répondre à ce point technique.

Dernier point : travailler directement sur écran à partir des pdf n’est pas la meilleure solution. Il faudrait donc que ceux qui ont la possibilité d’imprimer les documents (et de les envoyer) par leurs laboratoires prennent en charge la circulation des documents/

Chiche ?

Eliane Daphy

Posté le 13 juillet 2007 par Eliane Daphy
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Rapport de prospective de la section 38

Vincent, Comme tu essaies de m’amener vers ton fil ouvert, je me lance.

A mon avis ta question n’est pas posée tout à fait correctement. « Ethnographions l’ethnologie ». Je ne crois pas qu’on prenne le problème par le bon bout. D’abord, et c’est d’ailleurs un rappel qui pourrait, après discussion et débats, servir d’inaugural, c’est la perspective qui créée l’objet et non pas l’inverse. Ce que je veux dire par-là et qu’il faudrait peut-être anthropologiser nos vues, et nos réflexions. Après tout, est-ce qu’on ethnographie vraiment quelque chose, ou l’ethnographie est-elle plutôt une méthode d’exposé ? Cependant, à la différence de tout un ensemble de sociologues qui tendent parfois vers un hypothético-déductivisme traditionnel, nous construisons, (re)modelons ou précisons nos hypothèses initiales de manière inductive. Partant de ce constat, qui vaudrait surement mieux que ces trois petits mots, on peut commencer à avancer. D’abord je changerai la question par rapport aux termes que je viens d’exposer. Ensuite, sur quoi voudrais-tu travailler ? Sur le champ social des ethnologues ? Leurs rapports avec les institutions ? Avec les médias ? Le corps des résultats de recherches ?

Ici, peut-être que tu ne l’as pas perçu, on a déjà des éléments, des pistes ouvertes. En effet, on trouve des lignes claires de conflits entre les dominants et les dominés, il y des tentatives de modifications hiérarchiques et elles sont avortées. Seul le deuxième terme est encore trop flou (les dominés sont difficiles à identifier, mais on pourrait mettre des catégories derrière ce terme). Je t’expose en vrac ces axes qui me semblent pouvoir être identifiés comme pistes de recherche.

1 – On voit que le pouvoir a pour instrument l’opacité. Il existe beaucoup de messages qui mettent l’accent sur l’absence de clarté dans les procédures de recrutement. Et on a bien vu, que les responsables tentent d’éviter la question. Là quelqu’un devrait reprendre tous les exemples qu’il connaît pour étayer cette question. L’objet de contestation devient objet d’étude (c’est ton souhait me semble-t-il). Ceci étant dit, on ne doit pas réduire notre propos à la section 38, bien que la position de cette institution soit assez particulière, il faudrait mettre à jour tous les réseaux sous-jacents entre les revues, les comités de lecture, les bailleurs de fonds, etc. On peut élargir cela à toutes les procédures de recrutements. On pourrait même faire des recherches à partir des rapports de soutenance de thèse. Seulement là, on ne va pas se faire que des amis. Mais après tout c’est peut-être ce qu’attend le gouvernement ? Un groupe de jeunes chercheurs frustrés qui puissent servir de file conducteur à une remise en cause de la liberté du champ de la recherche. L’usage de cette liberté est, bien évidement, une autre question ? Il faudrait aussi se poser la question du rapport entre directeur de labo, de thèse, du professeur, et leurs subalternes. Moi, je peux te donner l’exemple du prof qui fait traduire ces textes par ses étudiants, et qui pose son nom sur le livre de manière exclusive. Une question plus difficile serait celle du terrain, certaines vedettes de l’anthropologie n’ont pas fait leur terrain, mais payé des gens pour le faire à leur place. C’est un cas plus rare, du moins je l’espère franchement, mais n’est-il pas révélateur de quelque chose de plus large ?

2 - Le rapport entre le politique et le scientifique peut aussi être abordée à travers le prisme des hiérarchies entre institutions et à l’intérieur de chacune d’entre-elles. Personnellement, j’ai voulu mettre l’accent sur le fait que le texte mis en ligne occulte volontairement tout un ensemble de recherches. Ce n’est pas du tout une spécificité de ce rapport, qui est un reflet, rappelons-le, des orientations du recrutement. Dans tous les milieux intellectuels ont trouve cette technique de discrédit : ignorer les travaux des autres. C’est donc une technique de pouvoir et de gouvernance. J’ai des exemples dans plusieurs pays d’ailleurs. Il en va de même pour pas mal de livres. Certains disent qu’il n’y a jamais eu de recherche sur tel sujet, ce qui est absolument faux, et revendique ainsi le monopole légitime de la domination sur un thème de recherche. Dans le cas des recrutements (voir 1), ceci entre dans une logique de reproduction social. Autrement dit, si seuls mes recherches et celles de mes collègues existent, alors les personnes recrutées ne peuvent être que dans nos axes de recherche, eux seuls relevant de l’ethnologie. On créé ainsi une complicité et une forme de dépendance, dans le même mouvement on produit un groupe de dépendants qui pourront bénéficier en échange de certains services. Cette dépendance continue par la suite et permet de mettre à mal les groupes concurrents, avec les dérogations, les missions… C’est ce que j’appelle la régulation politique du champ scientifique. Une comparaison avec le mode de fonctionnement des relations de parentés serait peut-être propice, tout au moins nous permettrait-elle de clarifier certains aspects plus particuliers de notre champ social dont l’enjeu est bien le monopole partagé en petit groupe de la vérité scientifique, vérité fictive.

On perçoit le lien entre l’opacité du fonctionnement des promotions, des recrutements, et la reproduction de la structuration hiérarchisée du champ de la recherche ethnologique.

3 - Piste suivante : la revendication d’un filiation anthropologique comme mode de légitimation d’appartenance au groupe et de la position occupée dans celui-ci. J’ai plus le temps.

PS : la virulence ? Celle de Fabre est bien plus grande dans le fond et révélatrice. Mais quelle absurdité dans sa réponse, il s’en va pour la démocratie. Merci, amen. Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi tu réponds à sa place. Ceci étant dit, je ne vais faire fuire personne. Les (2) seuls qui auraient pu se tailler l’ont déjà fait, les autres savent de quoi je parle, il ne semble pas y avoir beaucoup de désaccords entre ceux qui participent aux forums sur ce thème.

Posté le 13 juillet 2007 par llleonard ppppelllltier
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